A Kirk-Kilissé, Georges Scott avait rencontré ces cavaliers endurants dont il nous a donné de si alertes croquis en couleurs. A Loule-Bourgas--théâtre de la plus grande bataille de cette guerre--il allait avoir comme modèles ces fantassins aux longs manteaux gris de fer, chargés à plier, et qui pourtant, à la fin de la première partie de cette rude campagne, gardaient encore une martiale contenance.
A Loule-Bourgas, on lui fit explorer aussi méticuleusement qu'à Kirk-Kilissé tout le champ de bataille, toujours sillonné par ses ouvrages, ses tranchées, ses fortifications temporaires, parcourir les lignes turques après les lignes bulgares. Passionnante leçon sur le vif, pour cet artiste ardemment épris de toutes les choses militaires. Les Bulgares, ici, se mouvaient dans une plaine nue, ondulée à peine, qui ne fournissait nul abri naturel, et que fermait au fond, devant eux, une véritable muraille, abrupte, quasi inaccessible. Les Turcs étaient établis là-haut, dans les conditions les plus favorables, par conséquent, voyant venir à leurs pieds les adversaires: la victoire, pourtant, demeura à l'armée bulgare.
«Dans les plaines infinies et boueuses de la Thrace.»
Blessés en route vers les hôpitaux de l'arrière.
D'après une aquarelle de Georges Scott.
ASPECT D'UNE GARE PENDANT LA GUERRE
Un train venant de Tchataldja a ramené des blessés et des malades. Ils sont transbordés dans les voitures d'ambulance qui vont les conduire aux hôpitaux. Des troupes fraîches partent pour le "front" et croisent ceux qui en reviennent. Aquarelle de GEORGES SCOTT.
Devant Andrinople: le tsar Ferdinand inspecte les positions de l'armée bulgare.
--Phot. de M. Stéphane Tchaprachikof.
Georges Scott visita encore Bounar-Hissar, et poussa jusqu'à Viza, ayant ainsi refait sur les pas des troupes, pour ainsi dire, toute cette foudroyante campagne qui conduisit les Bulgares jusqu'à Tchataldja, dernier rempart de Constantinople. Puis il s'en revint, chargé de son précieux butin, se mettre à l'oeuvre.