Les premiers renseignements quelque peu détaillés, comme les premiers documents graphiques sur la reddition de la place, ont été apportés jusqu'à notre Occident lointain par un de nos confrères anglais au prix d'un tour de force trop joli, aux yeux des gens du métier, pour que nous ne nous empressions pas de le signaler.
M. David Mac Lellan, envoyé spécial du Daily Mirror du côté grec, dormait tranquille à Emin Agha, petit village à quelque 90 kilomètres de Janina, quand il fut réveillé à la pointe du jour par le bruit du canon. Préjugeant que peut-être on livrait à la forteresse le suprême assaut, il se précipitait dehors.
Une colonne grecque allant faire son entrée à Janina.--Phot. Rhomaïdes Zeitz.
La population de Janina venue, avec des drapeaux, au-devant des troupes grecques.
Phot. Mac Lellan du Daily Mirror.
Mais déjà les négociations étaient engagées depuis la nuit, les conditions fixées pont la capitulation. Déjà, sur sa route, des hommes se congratulaient, échangeaient de vigoureuses poignées de main.
Un fourgon qui passait le prit, l'emmena vers la ville. Le bon hasard le jeta juste sur un petit groupe qui entourait le général Soutzos, délégué par le prince héritier vers les parlementaires ottomans.
Bientôt, Vehid bey, représentant du commandant de Janina, s'avançait «lentement, le front baissé vers la terre». Il ne leva les yeux que lorsqu'il fut en face du général. Il le fixa un moment et dit: «Je suis venu rendre la ville de Janina.»