Un canon victorieux.

Le correspondant anglais fut un des premiers à pénétrer dans Janina. La joie y éclatait partout, au moins chez les Grecs, car les Turcs furent quelques jours avant de se résigner. On dansait dans les rues. Mais les casernes. où 12.000 soldats turcs silencieux, abattus, étaient maintenant prisonniers, présentaient un pénible spectacle

Sa tâche de reporter remplie, quand il eut assisté à l'entrée solennelle des troupes helléniques, le prince Constantin en tête, M. Mac Lellan demanda à voir le Diadoque, lui fit part du succès de sa mission, lui exprimant ses craintes de ne pouvoir, en temps utile, faire tenir à son journal les documents précieux qu'il venait de conquérir. Et, bienveillamment, le prince lui fit donner une automobile pour gagner Preveza. De là. un transport de la marine royale le conduisit à Patras, d'où il est facile d'atteindre Brindisi. En cinq jours, M. David Mac Lellan était à Londres, Et voilà comment, le septième jour après la reddition de Janina, le Daily Mirror put en raconter et en présenter à ses lecteurs les épisodes marquants.

Général Soutros Vehid bey.
Vehid bey, représentant du commandant de Janina, venant
offrir la reddition de la ville au général grec Soutzos.

--Phot. du Daily Mirror.

Cette prise de possession officielle, par les Grecs, d'une ville que depuis tant d'années, ils ambitionnaient de reconquérir, s'effectua dans l'allégresse. La foule était allée, hors des portes de la ville, au-devant des vainqueurs, qu'elle escorta jusqu'à leurs quartiers. Les canons eux-mêmes, puissants auxiliaires d'une difficile conquête, étaient associés à la victoire, leurs longs cols couronnés de lauriers et de fleurs, et le premier acte du prince Constantin fut d'aller, salué sur son parcours de cris de «Vive la Grèce! Vive le Diadoque!». assister au service d'actions de grâces en l'honneur des armes grecques.

L'OCCUPATION DE JANINA PAR L'ARMÉE GRECQUE D'EPIRE

[(Agrandissement)]
Une vue panoramique de la ville de Janina.