Au bas du manifeste se lisaient ces noms: Auguste Rodin, Jean Richepin, le docteur Weiss, Gabriel Bonvalot, le marquis de Polignac, le docteur Boucard, Maurice Colrat.

En réalité, la personnalité qui avait décidé du mouvement, celle dont le geste de générosité permettait la réalisation du projet, c'était le marquis de Polignac. Celui-ci prévoyait, en effet, que la besogne du comité d'organisation serait lente, que l'idée de bâtir aux portes de Paris un grand collège central, et des établissements de moindre importance dans les départements, prendrait, à se, réaliser, des mois et peut-être des années.

Mais il n'était pas impossible de construire immédiatement un de ces établissements, qui servirait de modèle. Déjà le marquis de Polignac avait créé à Reims le plus beau parc de sports qu'il soit donné de voir en France. Il décida que, dans des terrains voisins, serait édifié le premier des collèges d'athlètes, destiné à un enseignement national de la culture physique.

C'est le lieutenant de vaisseau Georges Hébert, dont on connaît la méthode, dite naturelle, adoptée dans la marine, qui sera placé à la tête de cet établissement, lequel doit théoriquement ouvrir ses portes le 1er mai prochain, mais, en réalité, ne pourra accueillir tous ses élèves qu'à partir du 1er juillet.

Le Collège athlétique de Reims.--Ensemble des bâtiments
et du stade. D'après les plans de l'architecte E. Redont.

On trouvera, ci-contre, le plan des installations du terrain réservé au Collège d'athlètes. Leur ensemble constitue ce que le lieutenant Hébert considère comme le stade parfait pour la pratique de tous les efforts athlétiques propres à développer normalement l'individu.

On aura ainsi à Reims:

1° Un centre d'études pour toutes les questions concernant l'éducation physique;

2° Un centre de formation d'éducateurs, de professeurs, d'instructeurs, d'entraîneurs;