L'explication de ce phénomène est simple: en 1901, les importations d'alcool à la Côte d'Ivoire étaient de 1.406.433 litres en 1911, elles étaient de 2.263.582 litres; et le temps n'est pas loin où, pour récompenser l'indigène, on lui donnait des gratifications en alcool de traite.

L'oeuvre d'abrutissement est encore précipitée par la qualité des alcools mis en circulation. Ce sont surtout des genièvres de Hollande, des rhums d'Angleterre et d'Allemagne, des mixtures innommables où l'on trouve en notable quantité du furfurol et de l'aldéhyde.

Il arrive à la Côte d'Ivoire, sous pavillon allemand, des bateaux appelés Gin-Boats, dont le nom seul précise suffisamment la qualité du chargement.

Aussi les navigateurs côtiers constatent-ils que la superbe race de la côte de Krou, où l'on recrutait jadis les noirs pour les équipages, n'est plus que l'ombre de ce qu'elle était il y a trente ans, et que l'on ne trouve plus d'hommes.

Et, cependant, on parle beaucoup, chez nous, de lutte contre la tuberculose. Cette lutte, sans doute, n'est pas un produit d'exportation capable de rivaliser avec l'alcool de traite.

La population de Panama.

On sait que la République de Panama a concédé aux États-Unis une bande de terrain d'environ 16 kilomètres de largeur, située de part et d'autre du canal, et nommée Canal Zone.

D'après le dernier recensement, la population de cette zone comprend 62.000 personnes, contre 50.000 en 1908. A ce chiffre, il y a lieu d'ajouter 9.000 employés aux travaux du canal, qui habitent les villes de Colon et de Panama.

Dans la zone on compte: 19.000 blancs, 31.000 noirs, 10.000 métis, 500 jaunes, 300 Hindous, etc.

Au point de vue de la nationalité, la population se répartit ainsi: Grande-Bretagne, 30.000; États-Unis, 11.000; Panama, 7.000; Espagne, 4.000; France, 3.000; Colombie, 1.500; Grèce, 1.200; Italie, 800; Chine, 500, etc.