Enfin, la population zonière comprend 17.000 femmes.
Du sacré au profane.
Les siècles se rejoignent, et voici que le treizième et le vingtième voisinent aujourd'hui, sous le soleil indifférent et immuable, en un rapprochement qui a quelque chose de bizarre et d'inattendu.
C'est l'élargissement de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerrois qui, en dégageant une des façades latérales de la basilique et en démasquant du même coup la haute coupole et une notable portion des grands magasins de la Samaritaine, nous vaut ce tête-à-tête du sacré et du profane, qui revêt sans doute aux yeux de l'artiste et du poète un caractère d'irrespect à peine atténué par le nom biblique qui s'étale au fronton de la maison de commerce.
Rien de plus naturel cependant que le contraste de ces deux architectures, que personne ne songera à comparer entre elles, et qui toutes deux sont admirablement appropriées au but poursuivi, et atteint. Tandis que les purs artistes du moyen âge s'assignaient la pieuse mission de ne laisser pénétrer qu'un pâle demi-jour, une lueur douce de crépuscule, dans le sanctuaire parfumé d'encens où l'âme se recueille, l'architecte du vingtième siècle, M. Frantz Jourdain, avait la tâche, lui, de faire se déverser à flots la lumière, par de larges baies vitrées, dans le vaste hall où tout un monde s'agite autour des nouveautés de saison. Tout est donc pour le mieux. Et même sur la gravure qui ne saurait reproduire les couleurs, les nuances, la patine vénérable des pierres dont fut bâtie la vieille basilique, les polychromies violentes dont s'adorne la coupole du grand magasin, le contraste entre le monument sacré et le palais profane, n'apparaît que d'une façon relative. Mais, s'il est permis de philosopher quelque peu à ce sujet, on ne saurait nier qu'il y ait dans cette juxtaposition de l'église et de la maison de commerce un signe des temps. Jadis la basilique, souveraine des monuments, élevait vers le ciel sa masse géante, tandis qu'à ses pieds, dans son ombre auguste, poussait humblement, telle une fleur du pavé, la petite échoppe du marchand. Aujourd'hui la petite échoppe s'est enflée, enflée, à faire craindre pour elle le sort lamentable de la grenouille de la fable. C'est un temple véritable, temple de la lumière, du mouvement et du bruit, qui se dresse à côté de la maison du recueillement et de la prière. Ne nous en plaignons pas et ne croyons qu'à moitié à la prédiction pessimiste de Victor Hugo: «Ceci tuera cela!» Les deux temples gardent leurs fidèles, qui d'ailleurs sont souvent les mêmes.
Saint-Germain l'Auxerrois et la Samaritaine.
Encore un Zeppelin détruit.
L'état-major allemand vient encore de perdre un Zeppelin. Ce dirigeable, le quinzième de la série, avait été terminé au mois de janvier dernier. Long de 140 mètres, cubant 20.000 mètres, il avait donné aux essais une vitesse de 102 kilomètres à l'heure. D'autre part, il portait un poste de télégraphie sans fil et une plate-forme pour le tir des mitrailleuses. C'était donc un des aéronats les plus rapides et les plus perfectionnés de la flotte germanique.
Surpris par une tempête, le pilote du Zeppelin essaya d'atterrir sur le champ de manoeuvres de Carlsruhe; mais la violence du vent était telle que l'énorme masse métallique vint s'écraser sur le sol. Les officiers et les hommes à bord purent sauter à terre sans éprouver grand dommage, et leur salut paraît d'autant plus étonnant que le dirigeable fut littéralement réduit en miettes. A diverses reprises déjà nous avons publié des photographies montrant sous des aspects plus ou moins pittoresques la carcasse brisée d'un Zeppelin; aucune ne donne une impression d'anéantissement aussi complète que celle que nous reproduisons aujourd'hui.