Un cyclone anormal à l'île de la Réunion.

Les cyclones de l'océan Indien, qui ravagent si fréquemment les Antilles, obéissent à certaines lois aujourd'hui bien connues. Ils prennent naissance dans les régions équatoriales, vers le 80e degré de longitude est, sous forme de tourbillons entourant un noyau central, appelé centre du cyclone, où réside un calme absolu correspondant à une baisse extrême de la colonne barométrique. Dans l'hémisphère sud, le mouvement giratoire de ces tourbillons s'effectue dans le même sens que le mouvement des aiguilles d'une montre; dans l'hémisphère nord, le mouvement est inverse.

Marche anormale (indiquée en trait
plein) d'un cyclone, le 3 mars
dernier: le trait pointillé indique
la marche ordinaire des cyclones
observés jusqu'à présent. A, B,
centre du cyclone.

Quant au mouvement de translation, ou marche du cyclone, il dessine une ligne parabolique s'inclinant de l'équateur vers le sud-ouest et revenant au sud-est après avoir atteint le sommet de sa courbe. La vitesse de translation, qui peut atteindre 60 kilomètres à l'heure, est, en moyenne, de 30 à 40 kilomètres dans les Antilles.

La régularité de cette marche du nord-est au sud-est, en passant par l'ouest, fut constatée, il y a une cinquantaine d'années, par M. Bridet, ancien capitaine de frégate, établi à la Réunion; elle a été observée depuis lors par tous les navigateurs.

Or, l'île de la Réunion a été atteinte, les 3, 4 et 5 mars dernier, par un cyclone qui semble avoir décrit une courbe parabolique inverse de la courbe usuelle.

C'est un phénomène nouveau, tout à fait curieux, et un peu déroutant.

A propos d'un ancien portrait du roi de Grèce.

Dans notre numéro du 5 avril dernier, nous avons reproduit une ancienne photographie du roi Georges de Grèce, représentant le jeune souverain, peu après son avènement, «entouré de sa suite danoise».