Le «président de la libre Tripolitaine» (coiffé du fez), en Tunisie.
Phot. prise à Foum Tataouine, par le Dr Razon.
Dans le dessein d'arrêter les conditions auxquelles il pourrait remettre à l'Italie le sud de la Tripolitaine, il se rendait à Tunis. C'est au cours de ce voyage, et comme il passait, le 8 avril dernier, à Foum Tataouine, que fut pris le cliché que nous reproduisons ici et qui montre, sous le costume turc qu'il avait adopté, le dernier champion de l'indépendance tripolitaine. On voit près de lui le cadi de Tataouine, homme tout loyal et fidèle ami de la France.
Maintenant, Suleïman Barouni trouvera-t-il à engager les pourparlers qu'il souhaite. Il est peu probable que l'Italie s'y prête. Et dans ce cas, quelle sera dans l'avenir l'attitude du cheik?
L'INFANTERIE MONTÉNÉGRINE AU SIÈGE DE SCUTARI.
--Tonneaux et gabions remplis de sable et de gravier que les assaillants roulaient devant eux pour se protéger en avançant.
LA PRISE DE SCUTARI
Mercredi dernier, à 2 heures du matin, une salve de vingt et un coups de canon, que les artilleurs durent servir avec quel enthousiasme! annonçait à Cettigne la chute de Scutari, tombée à minuit, après six mois bientôt de résistance--un peu plus qu'Andrinople--aux mains des Monténégrins. C'est une conquête enlevée au prix d'un effort plus méritoire sans doute et plus digne d'admiration encore que ne le furent celles de Salonique, de Janina et d'Andrinople même, si l'on envisage la faiblesse comparative de l'armée du roi Nicolas commandée en chef par le général Yanko Voukotitch, dépourvue des puissants moyens d'action qu'avaient à leur disposition les autres armées alliées et manquant notamment d'artillerie de siège.
Nous avons, au début de la campagne, dit avec quel héroïsme, quelle frénésie patriotique, on peut bien dire, les Monténégrins s'étaient jetés à l'assaut de Taraboch, le vrai rempart de Scutari, la mieux fortifiée, peut-être, de toutes les positions turques, une colline de 600 mètres de hauteur, armée avec toutes les ressources modernes, abondamment pourvue de canons et de munitions, qu'il fallut plus tard conquérir pied à pied, au prix de sanglants efforts.
Et puis, quelle constance n'a-t-il pas fallu au roi Nicolas pour s'acharner contre cette place.
Au milieu de novembre, les Serbes, après avoir concouru à l'action contre Saint-Jean de Medua et Alessio, étaient venus participer au blocus de Scutari, que les Monténégrins, réduits à leurs propres forces--au début de la guerre une trentaine de mille hommes, parmi lesquels les canons turcs avaient fait d'effroyables moissons--étaient incapables d'investir complètement.