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Le général Yanko Voukotitch. |
Essad pacha. |
Jusqu'au début de février, ce fut une série de combats, de sorties vigoureuses des assiégés, d'attaques non moins âpres des assiégeants.
Les intempéries interrompirent, en mars, les hostilités.
Ce fut le moment que choisit l'Autriche pour intervenir, déclarer qu'elle ne permettait sous aucun prétexte l'annexion de Scutari au Monténégro, et entraîner les puissances à une action navale, à un blocus des côtes adriatiques, afin d'empêcher le ravitaillement de l'armée serbo-monténégrine. Sous cette pression, les Serbes se décidèrent à fausser compagnie à leurs alliés. Ils retirèrent leurs troupes.
Rien ne parvint à ébranler l'indomptable opiniâtreté du roi Nicolas, ni cette intervention des neutres, qui ne pouvait, selon le mot du Temps, être que ridicule ou odieuse, ni même les dissentiments qui se seraient produits, dit-on, au sein de son gouvernement. Sa volonté a triomphé, et la prise de Scutari couronne d'émouvante façon l'effort surhumain de ses soldats et de tout son peuple.
Il faut rendre aussi un hommage d'admiration aux deux chefs dont la collaboration intime a assuré la longue résistance de Scutari: le colonel Hassan Riza qui, avant d'être assassiné, fut l'âme de la défense au point de vue technique, et le général Essad pacha, bey albanais puissant, qui apportait à Hassan Riza l'appui de sa haute influence sur les populations albanaises de la région. Ils furent pour le général Voukotitch et ses épiques soldats des adversaires dignes d'eux et de leur stoïque constance.
Carte de Scutari et de ses approches.