Écoles, églises, monastères grecs laissés hors du tracé de frontière demandé par la Grèce, dans la région au nord de Valona et à l'ouest de Berat.
Enfin, et c'est le point sur lequel nous allons insister, l'intervention austro-italienne en Albanie pourrait déterminer une rupture décisive de l'entente balkanique ou, au contraire, aider à la solution des difficultés du partage entre les alliés.
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Il est bien connu que des dissentiments graves existent à cet égard entre les Serbes, les Grecs et les Bulgares, enthousiasmés par l'étendue de leurs victoires qui ont dépassé toutes leurs prévisions.
Précisons donc les raisons des conflits d'intérêt entre les alliés afin de discerner, en relation avec le projet d'intervention austro-italienne en Albanie, quelles transactions sont susceptibles de permettre le maintien du bloc balkanique.
LES PRÉTENTIONS GRECQUES
Elles ont trait à la fois à l'Epire, à la Macédoine et aux îles de la mer Égée.
En Epire, la Grèce se heurte à l'Italie. Les cartes ci-dessous et ci-contre montrent à quel point les divergences sont grandes entre les gouvernements de Rome et d'Athènes, combien, par conséquent, les Grecs doivent être émus par le projet d'intervention italienne dans le sud de l'Albanie et dans la région même qu'ils revendiquent. Forts de leur droit, ils déclarent formellement qu'ils considèrent leurs conquêtes comme définitives et que, si l'Italie veut les chasser d'Epire, ils résisteront par la force. «D'ailleurs, disent-ils, la partie de l'Epire que nous revendiquons est habitée par une forte majorité hellène. Qu'on fasse un plébiscite, on verra bien.» Le carton ci-dessous indiquant les nombreuses écoles, églises et monastères qu'ils ont en Epire suffit à démontrer que les Grecs ne courent aucun risque en proposant une consultation des populations et à quel point les prétentions italiennes sont injustifiées.
Le différend qui existe entre les Hellènes et les Bulgares est également très dangereux.
Pour les Grecs, il y a deux questions qui ne se posent même pas: celle de la péninsule chalcidique qui est entièrement grecque et celle de leur maintien à Salonique (Thessalonique en grec).