Nous montrons, à une page précédente, la gracieuse cérémonie par laquelle fut célébrée, le soir du 4 mai, chez les Franciscaines de l'impasse Reille, la fête de Jeanne d'Arc, patronne de leurs bonnes oeuvres. Tandis que, dans leur jardin retiré, les flambeaux, les veilleuses multicolores suspendues aux arbres, jetaient leur éclat discret, tout à l'autre bout de Paris, le Sacré-Coeur s'embrasait magnifiquement. Les feux de Bengale, rouges et verts, allumés au pied de la basilique, les illuminations du dôme et des coupoles, lui faisaient, dans la nuit, une auréole de clarté; et elle apparaissait, de loin, dans son nuage lumineux, plus resplendissante encore de se détacher sur un ciel sans étoiles, au-dessus des lueurs incertaines de la ville.

La «journée de Jeanne d'Arc» se termina sur cette vision d'apothéose que parvient à rendre, malgré les difficultés de la photographie nocturne, le cliché reproduit à cette page.

LES MÉDAILLÉS DE 1870 AU BRÉSIL

Il y a quelques semaines, au Brésil, ceux de nos compatriotes qui pouvaient orner leur boutonnière du ruban de 1870 se réunissaient en une cordiale agape où ils évoquaient avec émotion les souvenirs de la guerre. Ils étaient six survivants, MM. Georges Prevault, Félix Avril, André Bourdelot, Claude Manasse, Louis Domingues et Clémencey, qui avaient demandé au colonel Balagny, le distingué chef de notre mission militaire à Sao Paulo, et au consul de France, M. Charles Birlé, de présider leur dîner commémoratif. Ce fut, loin du pays, qu'à chaque minute de cette soirée l'on évoqua, une petite fête charmante où des toasts, que les circonstances actuelles rendaient plus graves et plus ardents, furent portés à la mère patrie.

Un groupe de six anciens combattants de 1870 vivant à Sao
Paulo (Brésil) réunis sous la présidence du colonel Balagny
et du consul de Fiance, M. Birlé.
--Phot. A. Bourdelot.

LE SERMONNAIRE DES PARISIENNES

Aux nombreux auditeurs et aux auditrices plus nombreuses encore des conférences données, le mois dernier, à la salle de la Société de Géographie, par Mgr Bolo, le médaillon, exposé en ce moment au Salon et dû au sculpteur Doisy, que nous reproduisons ici, rappellera de saisissante manière les traits de l'éminent prélat dont les rudes sermons savent si spirituellement châtier les frivolités ou les erreurs de la vie mondaine. Il est des visages dont la ressemblance ne saurait être mieux rendue que par le relief, dur et vigoureux, du métal: ce profil nettement tracé, d'une si fine et s, ardente expression, porte l'accent de la vie.

Médaillon de Mgr Bolo, par Doisy.