A propos de la station des Trappes.
La presse a récemment raconté que l'Institut avait refusé la station météorologique de Trappes que l'éminent savant Teisserenc de Bort avait voulu lui laisser pour qu'on y pût continuer les recherches entreprises sur la haute atmosphère.
La raison donnée était, et est bien, que la somme que Teisserenc de Bort laissait, en outre de la station, à l'Institut, ne suffisait pas à assurer le fonctionnement de celle-ci.
Cette information, toutefois, ne contient qu'une partie de la vérité, et on aurait tort de croire, d'après ce qui vient d'être dit, que la station de Trappes est perdue pour la science.
Comme la famille du regretté savant tient avant tout à ce que Trappes vive et continue à être utile, des négociations ont été entamées, par M. H. Deslandres en particulier, grâce auxquelles le voeu de Teisserenc de Bort sera exaucé, sans que l'Institut soit chargé d'un fardeau qu'il ne pouvait accepter.
La combinaison adoptée, tout en conservant à Trappes son caractère scientifique, tout en lui permettant de continuer l'oeuvre commencée, donne, en outre, à la station un caractère pratique, et du plus haut intérêt.
Les progrès, et les exigences aussi, de l'aviation et de l'aéronautique font qu'il est devenu très désirable de connaître au jour le jour, les variations qui se font dans les mouvements aériens. On a besoin de jeter sans cesse des coups de sonde dans l'atmosphère pour savoir si elle est calme, ou agitée, quels courants s'y trouvent et à quelle hauteur. Pour obtenir ces renseignements, il faut des stations organisées pour l'examen de l'atmosphère, stations d'où chaque jour il sera envoyé aux centres d'aviation et d'aéronautique intéressés, des renseignements précis.
Trappes est tout indiqué pour être une de ces stations, et c'est à ce titre qu'il sera recueilli non par l'Institut, mais par l'État. Sera-t-il rattaché au ministère de l'Instruction publique, ou à celui de la Guerre? On ne sait au juste. Mais en tout cas, tout en servant à l'exploration quotidienne de l'atmosphère jusqu'à 3.000 mètres de hauteur, pour les besoins pratiques, la station continuera les recherches entreprises déjà sur la haute atmosphère, et ce sera probablement sous la surveillance de l'Institut que se poursuivra cette besogne essentiellement scientifique, mais très instructive et utile aussi, dont Teisserenc de Bort fut l'ouvrier principal.
Les admirateurs et amis du très regretté savant, trop tôt enlevé à la science, seront heureux d'apprendre que l'oeuvre de celui-ci se poursuivra, et, sans perdre son intérêt scientifique, acquerra un intérêt national.
Production d'engrais au moyen de l'aluminium.