Lorsqu'il y a soixante ans Sainte-Claire Deville indiquait le moyen de produire de l'aluminium à 1.200 francs le kilo, il pensait bien que, dans un avenir plus ou moins rapproché, on trouverait des procédés économiques pour obtenir industriellement le nouveau métal; il ne se doutait guère sans doute que les usines d'aluminium deviendraient un jour des fabriques d'engrais. C'est pourtant ce qui arrive.
On sait que l'aluminium est extrait de la bauxite, terre rouge très riche en alumine, dont les gisements les plus importants se trouvent en France dans le département du Var. M. Serpek, ingénieur autrichien, a constaté que si l'on chauffe la bauxite à 1.500 degrés, en présence de charbon, on capte l'azote de l'air et on obtient du nitrure d'aluminium d'où l'on tire de l'aluminium et du sulfate d'ammoniaque vendu comme engrais. L'aluminium revient alors à 1 fr. 05 le kilo au lieu de 1 fr. 50, prix actuel; et l'on espère réaliser une économie encore plus considérable.
Le procédé étant protégé par un brevet, il est probable que le consommateur n'en bénéficiera guère avant quelque temps. On peut, néanmoins, entrevoir à bref délai un nouvel essor de l'industrie de l'aluminium, industrie essentiellement française qui suit un développement constant.
De 750 tonnes en 1902, notre production a passé à 4.400 tonnes en 1909, pour atteindre 13.000 tonnes en 1912, soit plus du cinquième de la production mondiale qui s'est chiffrée par 60.000 tonnes.
L'aluminium a valu successivement 59 francs le kilo en 1888, 19 francs en 1890, 6 fr. 25 en 1893, 2 fr. 50 en 1906: il coûte actuellement 1 fr. 95, le prix de revient ne dépassant pas 1 fr. 50. Le procédé Serpek fera sans doute descendre le prix de vente au-dessous de ce dernier chiffre.
La chaleur supportée par le corps humain.
L'homme supporte dans certaines régions une température à peu près double de la température maxima qui lui paraît effroyable sous les climats tempérés. Dans l'Australie centrale on a constaté fréquemment une température moyenne de 46 degrés centigrades à l'ombre et de 60 degrés au soleil; on a même relevé 55 et 67 degrés. Dans la traversée de la mer Bouge et du golfe Persique, le thermomètre des paquebots se tient couramment entre 50 et 60 degrés, malgré une ventilation continuelle. Un des récents explorateurs de l'Himalaya a constaté, au mois de décembre, à 9 heures du matin, et à 3.300 mètres d'altitude, une température de 55 degrés.
Deux savants anglais, Bleyden et Chautrey, ont cherché à déterminer la température limite que nous pouvons supporter. Ils s'enfermèrent dans un four dont la chaleur fut élevée progressivement, et ils supportèrent une température dépassant un peu le point d'ébullition de l'eau, c'est-à-dire 100 degrés.
Cette endurance s'explique par la transpiration énorme que provoquent les températures élevées; l'eau qui perle à la surface de la peau se transforme instantanément en vapeur, absorbant pour changer ainsi d'état une notable partie de la chaleur qui entoure immédiatement le corps.
En résumé, on peut affirmer, sans paradoxe, qu'à condition d'être protégé de tout contact direct avec la source de chaleur, le corps humain est capable de supporter une température presque suffisante pour cuire une côtelette.