La prétendue solidarité ouvrière des fourmis.

La fourmi n'est point prêteuse, nous enseigne la fable; elle ne pratique nullement la solidarité ouvrière, croit pouvoir affirmer M. Cornetz, observateur averti. Et l'instinct social que nous attribuons à ces insectes si admirés n'existerait que dans notre imagination.

A l'appui de cette opinion, M. Cornetz cite une expérience aisée à répéter. Offrons à une fourmi un brin de fromage taillé en forme de navette, elle s'agrippe à la pointe, le fait tourner, puis l'entraîne dans la direction du nid. D'autres fourmis passent: l'une s'accroche à la pointe, les autres se cramponnent à droite et à gauche, et le fromage continue à avancer, mais beaucoup plus lentement. Il n'y a pas réunion d'efforts; au contraire, chaque fourmi cherche à faire tourner la miette. Si on chasse les fourmis de droite, le fromage tourne aussitôt dans le sens des aiguilles d'une montre; il tourne en sens inverse si l'on écarte seulement les fourmis de droite. Fait-on lâcher prise à toutes les fourmis latérales, l'objet est entraîné par la fourmi de pointe aussi vivement qu'avant l'arrivée des prétendues collaboratrices. Enfin, supprimons la fourmi de pointe en laissant toutes les autres: le fromage s'arrête net. Donc, la fourmi de pointe fournissait seule un travail utile.

D'où il semblerait résulter que l'instinct des fourmis les porte surtout à prendre le bien du voisin.

Bilan de grèves.

Une étude documentaire, publiée récemment par le Times sur le mouvement ouvrier en Grande-Bretagne, nous a apporté des chiffres particulièrement intéressants.

L'année 1912 a vu se produire chez nos voisins 821 grèves qui ont englobé 1.437.032 personnes et se sont traduites par la perte de 40.346.400 journées de travail. Ces deux derniers chiffres constituent des records, ce qui n'est pas le cas du premier, car les deux années 1894 et 1896 avaient été marquées chacune par 929 grèves.

L'année 1911, seule, pourrait être comparée à 1912 avec 903 grèves, 961.980 personnes et 10.319.591 journées perdues. Mais on voit que le bilan de l'année dernière fut beaucoup plus important grâce à la grève générale des mineurs (quatre fois plus de journées perdues). Le total des personnes englobées dans les grèves de ces deux dernières années a été supérieur au total correspondant des dix années précédentes, soit de 1901 à 1910. La seule année que l'on puisse comparer à cette période 1911-1912 est 1893, qui vit se produire 615 grèves entraînant la perte de plus de 30 millions de journées de travail.

Gestes du Mexique: la réconciliation officielle et
publique des généraux Huerta et Orozco, au palais
présidentiel de Mexico.