«Ce grand pays veut la paix, mais seulement la paix qui s'accorde avec sa fierté et sa dignité, non la paix née de la peur.»
D'où la nécessité de renforcer nos effectifs par le service de trois ans:
«Il ne s'agit pas de céder à une sorte de folie contagieuse des armements. Il s'agit de se défendre... Quand le devoir prend la forme d'un intérêt national, il faut tout simplement faire son devoir. Ce devoir, le gouvernement l'accomplit en affirmant, dès maintenant, sa volonté de maintenir sous les drapeaux la classe libérable au 1er octobre prochain.»
Avant de faire ces importantes déclarations, le président du Conseil, envisageant la situation politique intérieure, avait affirmé: «La République ne peut pas désarmer devant ses adversaires, mais nous nous refusons à des agressions ou à des vexations indignes de républicains conscients de leurs devoirs et de leur force.»
Enfin, parlant de la loi électorale, M. Louis Barthou a déclaré nettement que, «s'il dépend du gouvernement, la consultation électorale de 1914 ne se fera pas au scrutin d'arrondissement.»
COMPLICATIONS BALKANIQUES
LES DIFFICULTÉS DU PARTAGE ENTRE LES ALLIES
ET LA QUESTION D'ALBANIE
La question de Scutari est en voie de règlement, mais l'éventualité d'une occupation de l'Albanie par l'Autriche-Hongrie et l'Italie n'est pas encore définitivement écartée et un très grave problème reste ainsi posé devant l'Europe. Comme on va voir, il est en connexion étroite avec celui du partage entre les alliés des territoires conquis par eux sur les Turcs.
Quelles seraient d'abord les conséquences générales d'une installation austro-italienne en Albanie, que personne n'aurait la naïveté de supposer devoir être provisoire? Les unes sont évidentes, les autres presque inévitables.
Conséquences certaines: l'anéantissement de l'oeuvre de la Conférence de Londres qui a décidé le principe d'une Albanie autonome sous le contrôle et la garantie des six grandes puissances; la destruction de l'équilibre naval adriatique et, par conséquent, méditerranéen, ce qui porterait un préjudice grave à la France et à l'Angleterre; l'abandon du principe: «Les Balkans aux peuples balkaniques», qui, depuis la guerre d'Orient, a été la base de l'entente européenne.