Après avoir été entraînés par les courants à travers un immense labyrinthe de torrents, de rivières et de lacs, les millions de troncs de sapin sont enfin arrêtés par un barrage à Rushy-Pond, aux abords du gigantesque moulin qui va les transformer en pâte à papier.
Le barrage laisse passer le nombre de troncs demandés par
la consommation, et qu'une plate-forme roulante achemine vers l'usine.
Les troncs passent d'abord sur des scies circulaires qui
les divisent en tronçons réguliers; ceux-ci tombent dans une rigole où
un courant les entraîne.
Chargées sur des wagonnets, ces bûches humides sont
déversées sans interruption sur un nouveau convoyeur qui les conduit à
la chambre de broyage.
Là elles sont réparties à droite et à gauche, et soumises
à l'action de meules de pierre qui les broient et les réduisent en
pulpe.
Délayée dans l'eau, la pulpe de bois passe par une série
de cuves où elle se transforme en une pâte de plus en plus fine.
Elle est ensuite soumise à l'action de rouleaux sécheurs
et compresseurs et prend l'aspect et la consistance d'une large bande
sans fin.
La «pâte» destinée à l'exportation est sectionnée avant
d'être placée sous des presses hydrauliques qui achèvent de la
débarrasser de toute humidité.
A Crand-Falls même, une partie de la «pâte» est étirée et
transformée en papier à journaux.
CINQUANTE MILLE TRONCS DE SAPIN TRANSFORMÉS CHAQUE JOUR EN PAPIER