La Comédie des Champs-Elysées vient de représenter une pièce nouvelle d'un jeune auteur M. Edmond Fleg,--sur qui l'attention des critiques avait été attirée, il y a trois ans, au théâtre Antoine, par une pièce assez scabreuse, la Bête. Cette nouvelle comédie, le Trouble-Fête, nous montre l'embarras et le trouble que peut apporter, chez de jeunes époux amoureux, l'arrivée du premier bébé; la jeune femme, bouleversée et émerveillée par sa maternité, négligera le mari qui se laissera glisser vers quelque aventure, et quand, le bébé ayant grandi, la jeune mère a la faculté de redevenir l'amoureuse épouse, alors c'est le mari qui, fier de son garçonnet, se préoccupe surtout de ses responsabilités de père; et tout cela est indiqué en traits simples mais fins, en nuances variées et délicates, qui ont beaucoup plu: M. Louis Gauthier et Mlle Gladys-Maxhance ont interprété à ravir les deux principaux rôles de cette jolie pièce.
Le spectacle est complété par un acte de M. Tristan Bernard, la Gloire ambulancière, qui est un petit chef-d'oeuvre de comédie bourgeoise. Nous y voyons, caricaturés avec l'esprit le plus clairvoyant et le plus indulgent, tous les petits travers, toutes les petites passions, tous les petits ridicules qui peuvent agiter les divers membres d'une famille autour d'un des leurs atteint d'une maladie qui ne présente d'ailleurs aucune gravité. Une interprétation, qui réunit les noms de MM. Dumény, Beaulieu, et de Mmes Juliette Darcourt, Fonteney, Miller, se fait applaudir dans la Gloire ambulancière.
Les Berceuses--trois actes de MM. Pierre Veber et Michel Provins, qui connurent déjà le succès--viennent de reparaître sur la scène du théâtre Michel. Conduites avec une verve experte, les aventures du professeur Raphaël, si aimablement «bercé» par celles qui veillent sur son bonheur, sinon sur son repos, ont diverti comme au premier jour. Le spectacle est complété par deux amusantes petites pièces: Doux Propos, de MM. Gerbault et d'Avrecourt, et l'Ingénieux Prétexte, de MM. Missoffe et Saint-Arnould.
Au théâtre Réjane, une «saison d'opérette italienne» a été inaugurée, la semaine dernière, par la Petite Reine des roses, dont l'auteur de Paillasse, M. Leoncavallo, écrivit la musique, sur un livret de M. Forzano, adapté par MM. Claude Berton et Marcel.
Les triomphants auteurs du Mariage de Mlle Beulemans, MM. Fonson et Wicheler, ont eu, mieux que des imitateurs, des continuateurs en la personne de MM. Tricot et Wappers qui ont, avec les personnages du Mariage, et en leur conservant soigneusement l'accent, composé le Divorce de Mlle Beulemans, joué d'abord à Bruxelles, comme il convenait, et repris, ces jours derniers, au petit «Nouveau Théâtre» de la rue Fontaine.
Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés
en titre ne nous ont pas été fournis