Le vestibule d'honneur franchi, nous nous trouvons dans le Salon des Tapisseries, ainsi nommé à cause des beaux Gobelins qui en ornent les murs. Nous pénétrons ensuite dans le Salon Blanc ou Salon des Aides de camp. Cette seconde dénomination lui aurait été donnée au temps du Prince-Président, dont les aides de camp avaient coutume de se tenir là. C'est un salon clair, peu orné, tout garni de boiseries blanches.

Passons maintenant dans le Grand Salon de réception, ou Salon des Ambassadeurs, qui est représenté à la page précédente. C'est ici que les ministres des puissances étrangères s'entretiennent d'ordinaire avec le président de la République, soit qu'ils viennent lui présenter leurs lettres de créance ou de rappel, soit qu'ils assistent à une cérémonie officielle. Le Salon de l'Hémicycle, qu'on voit sur cette même page en couleurs, lui est contigu. Plus loin, se trouve la Salle du Conseil des ministres, dont la cheminée supporte des bronzes noirs et dorés d'un grand effet et qui, débarrassée de sa sévère table au tapis vert, est réservée, les jours de réception, comme tous les salons précédents, aux invités du président de la République. Attenant à la Salle du Conseil des ministres, voici un salon plus étroit, le Salon de Cléopâtre, qui tire son nom du sujet de sa tapisserie, et où les personnes ayant obtenu audience attendent le moment d'être reçues par le chef de l'État.

Si nous traversons de nouveau, mais en sens inverse, tous ces appartements, nous nous trouvons dans le Salon Murat, aux vastes dimensions, dont la perspective est prolongée par d'immenses glaces et qui fut construit pendant le séjour du prince Murat au palais. Tout près est la Grande Salle à manger (voir la première page en couleurs) qui reçoit jusqu'à cent convives. Elle est de construction assez récente; on la transforme en buffet les soirs de réception. Les appartements privés de M. le président de la République comprennent une autre salle à manger, de dimensions plus réduites.

Le Jardin d'Hiver est parallèle à la Grande Salle à manger, et la Salle des Fêtes leur est perpendiculaire. Cette Salle des Fêtes fut construite par ordre de M. Sadi Carnot. Auparavant on dressait, les soirs de bal à l'Elysée, une immense tente provisoire sur l'emplacement de la salle actuelle. Elle est, cette Salle, surchargée d'ornements et de dorures; le plafond est un chaos de reliefs et de creux rutilants.

Au-dessus de ces vastes appartements du rez-de-chaussée, qui sont dits «officiels», se trouvent les appartements privés du président de la République qui comprennent aussi plusieurs salons de réception. Dans notre photographie du parc, où le Palais s'aperçoit au fond, entre les arbres, ces appartements privés sont ceux du premier étage.

Revenons dans le vestibule d'honneur--où commence le grand escalier à la rampe composée de longues palmes de cuivre--et pénétrons, à gauche, dans le Cabinet de service des officiers. Aux murs, plusieurs toiles, dont une Charge de cuirassiers, d'Aimé Morot, et Un homme à la mer, de Léon Couturier. A côté est le cabinet du secrétaire général militaire, le général Beaudemoulin, puis le cabinet du président de la République, que nous montrons plus haut, avec ses boiseries blanches, sa bibliothèque mi-circulaire, en acajou, remplie de livres aux reliures sévères, cuir et or. Deux fenêtres ouvrant sur le parc l'éclairent. Enfin voici le cabinet du secrétaire général civil, M. Pichon, dont un des murs, formant rotonde, est orné de la tapisserie de Pierre Mignard, que nous avons photographiée.

Nous sommes, là, sur la rue de l'Elysée. L'aile du bâtiment se prolonge entre cette voie et le parc. C'est à l'extrémité de cette aile que se trouvent le Salon d'Argent et un autre Salon qu'on appelait familièrement naguère le «capharnaüm», parce qu'on l'utilisait peu. Ces deux salons ont été tout récemment restaurés et M. Raymond Poincaré se plaît à y travailler et à y recevoir quelquefois. Ils ouvrent aussi sur le rectangle du parc qu'enferme cette partie du palais et qui forme un petit jardin à la française agréablement fleur'

Le général Beaudemoulin est secrétaire général militaire de la présidence de la République et chef de la maison militaire du président. Le secrétaire général civil est M. Pichon. Le chef du secrétariat particulier, M. Gras. La maison militaire se compose de MM. le capitaine de vaisseau Grandclément, le colonel Boulanger, le lieutenant-colonel Aldebert, le lieutenant-colonel Pénelon et le commandant Aubert. Le commandant du palais est le lieutenant-colonel de gendarmerie Jouffroy.

On peut diviser le personnel ordinaire de l'Elysée en trois catégories. M. Perrin, chef des services intérieurs, a d'abord sous ses ordres un personnel chargé de l'entretien du mobilier, du chauffage, de l'éclairage, du nettoyage, etc., et qui dépend de l'administration des Beaux-Arts. L'entretien du monument proprement dit est confié aux services de l'architecture. M. Guillaume Tronchet, architecte en chef des palais nationaux, a un bureau à l'Elysée.

La seconde catégorie du personnel concerne la surveillance. Elle est composée de surveillants militaires des palais nationaux, qui dépendent aussi de l'administration des Beaux-Arts; ce sont de vieux soldats, coiffés du bicorne et portant l'épée, les mêmes que ceux qui veillent à la porte de nos musées. Viennent ensuite les portiers, aux uniformes noirs avec de minces galons d'or. La garde militaire comprend un détachement de gardes républicains chargés de la protection intérieure et d'un détachement d'infanterie, chargé également de la protection intérieure et, en outre, de rendre les honneurs au président à sa sortie du palais et à son retour.