Les remarquables travaux du docteur Carrel ont ouvert un immense champ d'études où se sont lancés les physiologistes des deux mondes. Citons les étranges expériences qu'exécutent plusieurs savants de la John Hopkins Médical School, la première Ecole de médecine des États-Unis.

Choisissant un animal à sang froid (grenouille, escargot, poisson, etc.), en parfait état de santé, ils le placent dans un récipient fermé juste assez grand pour le contenir, et qu'ils plongent dans de l'air liquide. Après un intervalle plus ou moins long, l'animal prend la rigidité d'un cadavre.

Quatre ou cinq semaines plus tard, la grenouille--si tel est le cas--est retirée de la jarre, et, après quelques massages, ressuscite, paraît-il, et reprend le cours de sa vie sans plus se soucier de ces trente jours de mort qu'elle vient d'endurer!

Le Triceratops.

Depuis quelques années, grâce à l'activité toujours en éveil du professeur Boule, la galerie de paléontologie du Muséum s'est enrichie d'un certain nombre de pièces remarquables, choisies avec un tel discernement qu'elles présentent un puissant intérêt même pour les personnes peu familiarisées avec les évolutions de la faune préhistorique. Le nouveau fossile qu'on vient d'exposer à côté du fameux Diplodocus est, dans son genre, tout aussi curieux que ce dernier.

Le Triceratops, Dinosaurien
préhistorique reconstitué
d'après un squelette du musée
de New-York (grandeur
naturelle: environ 6
mètres de longueur).

Il appartient au même groupe de Dinosauriens qui, à une époque fort reculée, étaient, par les dimensions, sinon par l'intelligence, les rois des animaux, et auprès de qui les Mammifères actuels paraissent de petites bêtes. Mais, tandis que le Diplodocus a une tête minuscule comparativement à la hauteur des jambes et à la longueur démesurée du cou et de la queue, la forme plus ramassée du Triceratops rappelle vaguement la silhouette du rhinocéros, et l'ensemble du crâne présente un développement exceptionnel (2 m. 20 pour l'exemplaire du Muséum).

Il faut remarquer toutefois que le museau, les cornes, et surtout la collerette postérieure ont une importance énorme; la boîte cérébrale est très minime.

La reconstitution faite par M. Knight, sous la direction de M. Osborn, conservateur du musée de New-York, où figure un squelette complet, montre l'allure de cet animal curieux qui mesurait environ 6 mètres de longueur.