Notre fossile arrive d'Amérique. Il fut découvert dans les régions dénudées du Wyoming, où les découpures fantastiques, de roches versicolores, profondément ravinées, attestent de grands bouleversements géologiques. Il reposait dans le terrain appelé Laramie fin, qui appartient à la fin de l'ère secondaire.

M. Boule l'avait commandé, il y a dix ans, au grand «chasseur de fossiles», M. Sternberg, qui explore le sous-sol du nouveau continent pour le compte des grands musées d'Amérique. L'exemplaire de Paris est plus beau que celui acquis, il y a six ans, par le British Muséum.

Crâne fossile de Triceratops récemment acquis par le Muséum.

A propos du système Taylor.

Nous avons parlé à plusieurs reprises du système Taylor, ou méthode d'organisation du travail qui consiste à supprimer les mouvements inutiles de l'ouvrier et à combiner les mouvements utiles de façon à obtenir, sans supplément de fatigue, souvent même avec une fatigue moindre, le rendement maximum. Ce système, dont la généralisation aurait une importance économique considérable, et qui, de prime abord, paraît fort séduisant, compte en dehors du monde ouvrier, de sérieux adversaires; il vient de provoquer une joute intéressante entre l'amiral américain Edwards et M. Henry Le Chatelier, professeur à la Sorbonne et membre de l'Académie des sciences.

Comme exemple typique des résultats que l'on obtient avec la nouvelle méthode, on peut citer le cas du maçon.

Après une étude détaillée de chacun des mouvements du poseur de briques, M. Gilbreth détermina la position exacte que doivent occuper les pieds de l'ouvrier par rapport au mur, à l'auge, au tas de briques, de façon à lui éviter de déplacer ses pieds. Il étudia la hauteur la plus favorable pour l'auge et les briques, et fit construire un échafaudage portant une table où les matériaux sont placés de telle sorte que les mouvements inutiles soient supprimés. A mesure que le mur monte, ces échafaudages sont réglés par un homme chargé uniquement de ce travail. Le poseur est ainsi dispensé de l'effort consistant à se baisser pour prendre une brique ou du mortier, et à se redresser ensuite.

D'autre part, les briques, une fois déchargées, sont triées et placées sur leur meilleur bord, ce qui évite au poseur de retourner la brique en tous sens avant de la poser. Enfin, en employant un mortier assez liquide, les briques peuvent être enfoncées à la profondeur convenable par une simple pression de la main, sans qu'il soit nécessaire de les frapper de quelques coups de truelle.

Avec cette méthode, le nombre des mouvements nécessaires pour poser une brique est réduit de 18 à 5 et, parfois, à 2. M. Gilbreth a obtenu un rendement de 350 briques par homme et par heure, au lieu de 120.