L'amiral Edwards reproche au système Taylor d'être très coûteux à installer, de ne pas augmenter les salaires dans la proportion où il accroît le rendement, d'exiger une attention si intense qu'elle nuit à la santé de l'ouvrier, de rabaisser l'ouvrier au niveau de la bête de somme, etc. Il insinue, en passant, que, dans les arsenaux maritimes, c'est la qualité plutôt que la quantité qui doit être la mesure principale du rendement.

M. Le Chatelier répond, dans le Génie civil, que ce dédain du prix de revient, assez commun en tous pays dans les établissements de l'État, n'est aucunement recommandable; du reste, tous les établissements français qui emploient la méthode Taylor, ou en étudient l'application, sont incontestablement les premiers au point de vue de la perfection de leur fabrication.

D'autre part, l'augmentation de la production est indépendante des ouvriers, elle résulte de l'organisation étudiée et réalisée par la direction; en augmentant les salaires de 25 à 75%, on attribue donc aux ouvriers plus que ce qu'ils ont le droit légitime d'exiger. Quant au chronométrage, pourquoi serait-il déshonorant à l'usine, alors que l'ouvrier est très fier d'être chronométré quand il fait du sport?

Enfin, si l'on augmente la fatigue en même temps qu'on accroît la production, on sort du système Taylor.

M. Le Chatelier conclut que ce qui arrêtera longtemps la diffusion des méthodes de Taylor, c'est la difficulté de trouver un personnel dirigeant capable, d'abord de comprendre leur utilité, et ensuite de les mettre en oeuvre. Un des admirateurs de Taylor disait récemment qu'il faudrait deux générations d'hommes avant de voir ses méthodes scientifiques se généraliser dans l'industrie.

Influence du climat sur la taille des oiseaux.

Un naturaliste allemand, M. Boetticher, a fait de curieuses observations sur les variations sous différents climats de la taille d'oiseaux de même espèce.

Le corbeau est plus grand en Norvège et au Groenland que dans nos pays; celui de l'Himalaya est de dimensions considérables. Par contre, le corbeau de l'Espagne est plus petit que le nôtre. De même, la corneille est beaucoup plus grosse en Sibérie, au Kamtchatka, et, en Mongolie, que dans l'Europe occidentale.

En Algérie, en Tunisie, au Maroc, la pie est plus petite que chez nous; au Thibet et dans l'Amérique du Nord, elle est de taille supérieure.

La mésange bleue des îles Canaries, la mésange charbonnière de Sardaigne et de Corse, sont plus petites que les nôtres. Le roitelet devient de plus en plus grand à mesure qu'on remonte vers le Nord.