MM. Paillieux et Bois ont consacré aux diverses variétés du daïkon tout un chapitre de leur Potager d'un curieux, dont la Librairie agricole de la maison rustique a publié la troisième édition il y a une dizaine d'années. Ils ont eux-mêmes cultivé le radis japonais, et, à la suite de leurs premières expériences, la graine de daïkon figura dans le catalogue de la maison Vilmorin, en 1891. Elle en fut retirée en 1904, les essais de culture effectués au cours d'une dizaine d'années ayant donné des résultats médiocres.

Vue panoramique de l'usine de dynamite de Paulilles: les nº 1 et 2 indiquent les bâtiments qui ont sauté.--Phot. F. Menozzi.
1. Casemates et pavillon de la nouvelle dynamiterie.--2. Ancienne dynamiterie.--3. Château d'eau.--4. Forge, machine à vapeur, séchoir, ateliers divers.--5. Maisons ouvrières, laboratoire. 6. Bâtiments des mélangeurs.--7. Magasins à nitrate.--8. Fabrique d'acide nitrique.--9. Magasins divers.--10. Écuries.--11. Direction.--12. Conciergerie et bureaux.

L'EXPLOSION D'UNE DYNAMITERIE

Il y a quelques jours, le 29 mai dernier, vers 7 h. 15 du matin, une formidable explosion anéantissait plusieurs des bâtiments de l'usine de dynamite de Paulilles, à 3 kilomètres de Port-Vendres, et faisait de nombreuses victimes, dont six morts et une vingtaine de blessés.

Une première explosion, dont les causes n'ont encore pu être nettement établies, s'est produite dans la dynamiterie proprement dite, â l'atelier où l'on traite la glycérine à l'aide des acides afin de la nitrer. Elle fut suivie de plusieurs autres, qui firent sauter successivement les ateliers de filtrage et de pétrissage.

Ces détonations étaient entendues à 30 kilomètres à la ronde, tandis que les alentours étaient ravagés par une véritable pluie de mitraille. Parmi les malheureux ouvriers qui n'avaient pas eu le temps de fuir, plusieurs furent littéralement déchiquetés. L'agent de l'État, M. Jouvena, qui se trouvait dans la partie sinistrée, fut découvert dans les décombres, parmi les morts.

Les premiers secours avaient été organisés par le personnel de l'usine, dont les autres bâtiments, très espacés, n'ont pas souffert, par des habitants de Port-Vendres, ayant à leur tête le maire, et par les infirmiers de la 16e section, casernée à Port-Vendres. Longtemps flotta au-dessus des bâtiments sinistrés un panache de fumée noire dont la photographie, prise aussitôt après l'explosion, à bord du vapeur Roland, du laboratoire zoologique de Banyuls, par M. Albert Valat, et communiquée par M. Jean Arlaud, nous donne l'immédiate vision.

L'explosion de la dynamiterie de Paulilles, vue de la
mer. Phot. prise à bord du yacht Roland devant Port-Vendres.