On a souvent besoin de savoir si un liquide de l'organisme ne renferme pas un alcaloïde thérapeutique, comme la cocaïne, la morphine, la caféine, ou criminel comme tel ou tel poison végétal. L'analyse chimique n'est guère possible quand la quantité de liquide dont on dispose est faible: aussi est-il intéressant de savoir qu'une autre méthode existe, très sensible, et permettant de démontrer l'existence de quantités infinitésimales d'alcaloïde.
Elle a été signalée à l'Académie des sciences par MM. M. Gompel et Victor Henri, qui ont trouvé que le spectre d'absorption des rayons ultra-violets est caractéristique pour chaque alcaloïde examiné jusqu'ici. Cette méthode spectroscopique est extrêmement sensible: il suffit, en effet, que dans le liquide à examiner il y ait un deux cent millième de gramme de cocaïne par centimètre cube pour pouvoir retrouver et doser ce poison.
Si la méthode est aussi efficace en ce qui concerne les alcaloïdes susceptibles d'être employés dans un but criminel, les empoisonneurs n'auront qu'à se bien tenir.
Les balles anesthésiques.
Un Américain, M. A.-E. Humphrey, jugeant avec raison que ce que l'on demande à une balle, soit à la guerre soit à la chasse, c'est seulement de mettre hors de combat, et non de faire souffrir, vient de lancer l'idée de la balle anesthésique, ou narcotique, de la balle qui apporte en même temps la fracture, ou la lésion, et l'anesthésique empêchant de la sentir.
La méthode est simple: dans de petites cavités de la pointe de la balle blindée, l'inventeur met un peu de morphine (à l'état de sel solide). Celle-ci ne diminue en rien l'efficacité du projectile; elle ne change rien à son pouvoir destructeur.
Mais elle détermine l'anesthésie, chez l'homme ou la bête. Et le blessé s'endort tranquillement, dit l'inventeur... En théorie, cela marche à merveille, et la balle de M. Humphrey a bien tout l'air d'un «ange de miséricorde». Les chasseurs l'apprécieront: qu'un lion ou un éléphant soit blessé à une partie vitale, ou bien de façon insignifiante, il leur sera toujours acquis, puisque toute blessure doit endormir l'animal, et permettre de l'achever sans danger. Mais il faudra une dose de morphine sérieuse pour un éléphant.
A Propos du Daïkon.
Nous signalions récemment un radis géant, originaire du Japon, le daïkon, cultivé aux environs de Paris par M. de Notter.
Un de nos lecteurs nous fait remarquer que ce légume a été introduit en France par M. Paillieux et son collaborateur M. D. Bois, assistant au Muséum, à qui nous devons l'importation et la vulgarisation du crosne du Japon.