Cette fois encore, il se trouvait aux prises avec des conditions atmosphériques déplorables. «Pris dans un tourbillon, racontait-il en arrivant à Berlin, je fis une chute de 300 mètres. Je passai en quelques secondes de 1.500 à 1.200 mètres. Tout mon dos est écorché. Je suis brisé de fatigue, mais je n'en suis pas moins content et fier d'avoir accompli en si peu de temps le trajet devenu classique Paris-Berlin.»
Sans doute, c'est la force du vent arrière qui a permis de réaliser cette vitesse exceptionnelle, car la vitesse propre de l'appareil ne dépasse guère 120 kilomètres; mais un tel exploit montre le parti qu'un bon pilote peut tirer de la fureur des éléments et atteste une fois de plus la valeur et le courage des aviateurs français.
Ajoutons que le héros de cette admirable performance est né à Plerin (Côtes-du-Nord) le 8 février 1892.
A l'aérodrome de Johannistal: le départ pour Varsovie.
LE PASSAGE A BERLIN DE L'AVIATEUR FRANÇAIS BRINDEJONC DES MOULINAIS
Une capitale de sultanat au Dar Kouti: le «dem» du sultan Kamoune.
NOTRE OEUVRE AFRICAINE
LA JONCTION AVEC LES POSSESSIONS ANGLAISES
Hors du bruit de nos agitations, de nos querelles, les admirables soldats lancés en enfants perdus dans la brousse tropicale pour accomplir l'oeuvre française continuent posément, méthodiquement, leur excellente besogne. Mais ils sont si loin, si isolés, que les feuillets d'histoire qu'ils écrivent ne nous parviennent que lorsque d'autres feuillets peut-être s'y sont déjà ajoutés. C'est ainsi que nous pouvons seulement donner le récit de faits qui se déroulaient au Dar Kouti, aux confins mêmes de notre empire africain et des possessions anglaises, dans les derniers jours de l'année écoulée. Il n'en a pas moins, après tant de semaines, la saveur de l'inédit.