Impératrice Alexandra. Tsar Nicolas II. Tsarévitch Alexis (sur les bras d'un cosaque).
LES FÊTES DU CENTENAIRE DES ROMANOF.
--A Moscou: la famille impériale saluée par la foule au Kremlin.
Phot. C.-O. Bulla.
Afin de suivre toute une série de fêtes organisées pour la célébration du centenaire des Romanof, le tsar Nicolas, accompagné de l'impératrice, du grand-duc héritier et des grandes-duchesses, entouré des membres de la famille impériale et suivi par tous les hauts dignitaires de l'empire, vient de se rendre dans plusieurs des «vieilles villes» russes. Le voyage impérial commença à Vladimir, d'où les souverains et leur suite gagnèrent Nijni Novgorod. Là, seize vapeurs attendaient pour conduire, par la Volga, cette cour brillante à Kostroma.
Un peu avant d'atteindre cette ville, le groupe impérial débarquait afin de gagner, en voiture, le monastère Ilatief, où s'était réfugié, fuyant les Polonais, Michel Féodorovitch, le fondateur de la dynastie. Le cortège emprunta la même route qu'avaient prise, en 1613, les délégués moscovites qui allaient offrir la couronne à cet illustre ancêtre des Romanof.
De Kostroma, la famille impériale gagnait Moscou, où elle arriva le 6 juin. De grandes fêtes avaient été préparées en son honneur. La journée du 7, anniversaire de la naissance de l'impératrice Alexandra, fut particulièrement solennelle. Les souverains, accompagnés du prince héritier et de toute la famille impériale, reçurent, au Kremlin, des délégations venues des plus lointaines Russies, des confins de l'empire. Et, en remerciant le maréchal de la noblesse de Moscou, qui l'avait salué au nom de la noblesse russe tout entière, l'empereur dit combien il avait été frappé des témoignages de fidélité et d'affection qui lui avaient été prodigués au cours de ce voyage.
Antilope mâle de Grant.
LA FAUNE D'AFRIQUE
Chargé de mission dans l'Afrique équatoriale par le Muséum national d'histoire naturelle, le docteur Émile Gromier, à la différence de tous ceux qui ont avant lui rapporté des photographies de la grande faune africaine, n'est pas allé là-bas en chasseur de grosse bête, soucieux de produire des témoignages de ses exploits, ni en photographe spécialiste, préoccupé d'obtenir des clichés records, mais en zoologue, en observateur de la vie animale dans la forêt, et dans la brousse des Tropiques. Il n'a pas traqué les antilopes, les girafes, les zèbres, les rhinocéros, les éléphants: il les a regardés vivre, les épiant, se cachant près de leurs points d'eau, non pour placer une balle au bon endroit, mais pour les étudier sans les effrayer, pour surprendre leurs attitudes familières qu'il notera sur le carnet et fixera par l'objectif. Il a traité les fauves comme Fabre les insectes. De là, le caractère, l'aspect particulier de ses photographies, surtout de celles qui montrent des éléphants, en quelque sorte, dans leur intimité, et qui accompagneront un second article.
Nul, s'il n'est observateur passionné, ne saura l'intérêt qu'offre la poursuite et l'étude des animaux africains aux moeurs occultes, aux allures furtives, aux sens éveillés. Si l'intérêt est grand, la difficulté d'observation n'est pas petite. Il faut épier l'animal, l'attendre avec une inébranlable patience et savoir profiter de l'occasion à l'instant même où elle se présente. Cette occasion, après l'avoir guettée des mois et encore des mois, un jour, tout à coup, elle surgit avec une facilité d'examen, une clarté dans le détail, qui dédommagent de la longue attente. J'ai ainsi pu récolter, malgré les multiples difficultés de la tâche, d'intéressants documents et de nombreux clichés pris sur le vif.