Dr Carrel. M. Georges Clemenceau. Dr Pozzi.
La conférence du docteur Alexis Carrel à l'hôpital Broca.--Phot. L. Mayer.
LA VIE DES TISSUS CONSERVÉE
Lundi dernier, à l'hôpital Broca, dans l'amphithéâtre du docteur Pozzi, le docteur Alexis Carrel, devant une affluence énorme, a exposé les résultats de ses merveilleuses recherches sur la vie des tissus conservée et transférée. Le public connaît déjà, par les comptes rendus des séances de l'Académie de médecine, les impressionnantes découvertes que l'on doit, dans le domaine de la physiologie expérimentale, au docteur Alexis Carrel qui, après avoir été attaché comme prosecteur à la Faculté de médecine de Lyon, est maintenant fixé, depuis plusieurs années, à New-York où il poursuit ses admirables travaux à l'Institut de recherches scientifiques créé par M. Rockefeller. Le docteur Carrel est l'homme qui enlève une cuisse tout entière, un rein, ou tout autre organe à un animal et qui lui en rajuste un autre emprunté à un de ses congénères. Il a, dans sa conférence, expose comment il réussissait à conserver des cellules, des tissus, des organes entiers même maintenus vivants pendant des semaines, une fois séparés du corps, et il a expliqué les applications pratiques qui pouvaient être faites au point de vue de la greffe humaine. Ajoutons qu'une ovation enthousiaste fut faite au jeune savant par ses auditeurs, au premier rang desquels on remarquait, vêtu du même sarrau d'hôpital que les étudiants, M. Clemenceau toujours curieux des progrès de la science médicale.
PREMIÈRES ARMES DU PRINCE DE GALLES
Le prince de Galles, qui fait partie du bataillon d'officiers formé par les élèves de l'Université d'Oxford, a, pour la première fois, porté cette semaine l'uniforme kaki de l'armée territoriale anglaise: samedi dernier, il quittait Oxford, avec de nombreux étudiants, «dans un compartiment de troisième classe», disent les journaux de Londres, et gagnait Mitchet Camp, près d'Aldershot, où il devait accomplir une courte période d'instruction.
Avec la même simplicité et la même bonne grâce qui ont laissé en France un souvenir si charmant, le prince de Galles partagea familièrement la vie de ses camarades, s'associant aux travaux du camp, prenant sa part des corvées, et marchant, dans le rang, comme un simple «private». Le premier jour de manoeuvres lui réserva des émotions inattendues: envoyé en reconnaissance avec un autre éclaireur, il fut surpris par une dizaine de cyclistes du parti adverse, qui le firent prisonnier en criant: «Haut les mains». Quelques instants après, il était heureusement délivré par les siens, accourus en nombre...
| Au cantonnement. | Sur la route, en éclaireur. |
L'ÉDUCATION MILITAIRE D'UN FUTUR SOUVERAIN.
--Le prince de Galles aux manoeuvres.