DOCUMENTS et INFORMATIONS
Les radiations lumineuses de la T. S. F. à la tour Eiffel.
Dans les fils d'antenne d'un poste puissant la tension électrique atteint souvent plusieurs millions de volts; aussi, par certaines nuits noires, ces fils se détachent sur le ciel en lignes de feu. Souvent, même, quand ils ne sont point visibles à l'oeil nu, les radiations ultra-violettes qu'ils émettent impressionnent la plaque photographique.
Nous avons déjà publié, le 18 mars 1911, une photographie qui, prise du Champ de Mars, le soir, montrait la tour Eiffel ainsi entourée d'un léger réseau lumineux. La photographie que nous reproduisons aujourd'hui a été prise dans la nuit du 21 au 22 juin, c'est-à-dire au solstice d'été à l'occasion duquel la Société astronomique de France célébrait sa 10e fête du soleil; elle a été enregistrée de la seconde plate-forme de la tour, pendant que le poste transmettait les signaux horaires de 23 h. 45, 47 et 49; et elle nous montre, sous une forme différente, ce curieux phénomène.
Les radiations lumineuses de la T. S. F. à la tour Eiffel.
Vue prise de la deuxième plate-forme en regardant le sommet,
dans la nuit du 21 au 22 juin, pendant les signaux horaires
de 23 h. 45, 47 et 49; les courtes lignes lumineuses
transversales sont les traces laissées par les étoiles
pendant la pose de 14 minutes.--
Cliché L. Gimpel.
Le tango jugé en Argentine.
C'est une question fort débattue en ce moment de savoir si le tango, dont la vogue, décidément, s'affirme dans tous les salons bien dansants, et menace d'envoyer bostons et two-steps rejoindre les vieilles lunes, est gracieux ou malséant, admissible ou condamnable, s'il faut l'approuver ou s'en désoler, ou tout simplement s'en divertir... Le tango a ses partisans, ses détracteurs, --et aussi ses indifférents. Sollicités par des enquêtes, des écrivains, des artistes, des hommes du monde, des comédiennes, ont donné leur sentiment sur l'affaire. Un de nos lecteurs, qui habite l'Argentine, nous fait part, à ce propos, d'une opinion particulièrement autorisée, puisqu'elle vient du pays même où naquit, dit-on, le tango.
C'est celle de M. le docteur Infante, intendant municipal--nous dirions en France maire--de Rosario. M. le docteur Infante n'aime pas le tango, et il a pris, récemment, un sévère arrêté pour l'interdire dans les bals publics, sous peine d'une amende de 50 francs par infraction. Le maire de Rosario blâme particulièrement quelques figures du tango, qui ne constituent d'après lui qu'une «danse de nègres, capable de pervertir les goûts de la jeunesse».
En annonçant cette décision, un journal de la Mariana, la Nueva Epoca, l'accompagne de commentaires élogieux. Voilà donc le tango jugé indésirable en Argentine... Cependant les jeunes gens de France continuent, dans les derniers bals de la saison, à le pratiquer avec zèle. Mais survivra-t-il à l'été?