Ces informations n'avaient pu laisser prévoir l'étendue de la catastrophe, qui, à ce moment critique de l'histoire bulgare, a été considérée par les populations superstitieuses comme un fléau de Dieu: on imagine l'impression qu'a dû faire parmi elles l'écroulement de la vénérable église Sainte-Bogoroditza, où fut couronné, en 1908, le roi Ferdinand: il n'en reste aujourd'hui que des ruines lamentables.
A Sofia, le tremblement de terre, faiblement ressenti, ne causa, par les rues, qu'une assez vive panique, rapidement calmée. C'est à Tirnovo, la vieille capitale bulgare, et dans ses environs, qu'il a exercé ses plus grands ravages.
Ce qui reste de l'église Sainte-Bogoroditza, à
Tirnovo.--Phot. Tolnai Vilaglapja.
Nos photographies--qui furent prises à grand'peine et, nous dit-on, malgré la défense des autorités peu désireuses de voir se répandre de trop impressionnantes images--attestent, mieux qu'aucun récit, l'importance de la catastrophe. A Tirnovo, outre l'église Saint-Bogoroditza, le gymnase, qu'une première secousse avait endommagé fortement, comme le montre un de nos clichés, fut anéanti par une seconde: des blessés de la guerre, pour la plupart officiers, qui y étaient soignés, périrent, ensevelis sous les décombres.
La ville voisine de Gorna-Oréchovitza a été également très éprouvée. A lui seul, l'effondrement du lycée de jeunes filles a fait près de soixante victimes, dont dix-huit furent tuées sur le coup. Et c'est un sentiment de profonde pitié que provoque le spectacle de ces petites mortes couchées en leurs cercueils fleuris, auprès desquels les parents agenouillés viennent une dernière fois pleurer.
UN DEUIL NATIONAL EN BULGARIE. --Après l'effondrement du
lycée de jeunes filles, à Gorna-Oréchovitza: les cercueils fleuris des victimes.
Un iceberg de 280 mètres de long sur 160 mètres de large
et 70 mètres de hauteur apparente, rencontré, sur la route du Havre à
Québec, par le steamer français Caroline.