Un hippopotame tué par le général
Bailloud.
Tombouctou est tout proche, et l'aimable insistance du colonel Sadorge, commandant supérieur de la région, décide le général, qui avait fait avec lui la campagne de Madagascar, à pousser jusqu'à la. «Mystérieuse». Il y séjourne une semaine qu'il emploie à visiter la ville où se tient la grande foire annuelle du centre africain et à faire aux environs quelques reconnaissances cynégétiques, notamment une victorieuse campagne de trois jours contre une bande de six lions.
Du 18 mars au 11 avril, c'est la descente du Niger, en chaland, avec les escales de Bamba, Bourem, Gao, Ansango, Tillabery, Niamey, Gaya...
Ce mode de locomotion ne plaît guère au général qui s'accommode assez mal des longues heures d'immobilité dans l'étroite cabine du chaland. Chaque fois qu'il trouve une monture, il fait une partie de l'étape à cheval, force un coba à la course, abat une girafe après avoir chargé le troupeau pendant plus d'une demi-heure, tue un hippopotame dans les rapides de la Bezinga. Il échappe ainsi à la fièvre, plus heureux que son officier d'ordonnance qui, retenu de temps à autre par d'inopportuns accès, doit se contenter d'une seule victime, un bel hippopotame.
En pirogue sur le Niger.
Entre temps, le général interroge les administrateurs et les chefs indigènes sur le recrutement des noirs qui est appliqué pour la première fois dans la région, assiste à quelques opérations, voit un bataillon de recrues en formation à Niamey, s'enquiert des ressources du pays, des besoins des populations et donne dans tous les villages où il passe, avec sa générosité habituelle, une multitude de ces petits cadeaux qui, là plus que partout ailleurs, entretiennent l'amitié.
Gaya marque la fin de la navigation fluviale, la limite du territoire du Haut-Sénégal-Niger et celle du royaume de la terrible mouche tsé-tsé qui ne fera heureusement qu'une victime dans la caravane,--un brave chien, Miss, l'inséparable compagnon du général.
Le retour à la côte s'effectue par le Dahomey et par les moyens de transport les plus modernes: l'automobile et le chemin de fer.
Une excellente route aboutit jusqu'au Niger; un service automobile transportant voyageurs, marchandises et courrier est organisé et, en cinq jours, par petites étapes, on atteint Savé, terminus du chemin de fer du Dahomey. Un jour suffit pour gagner Kotonou par la voie ferrée; quelques heures de navigation à travers la lagune conduisent à Porto-Novo, capitale administrative du Dahomey, où le général et son officier reçoivent, au palais du gouvernement, jusqu'au jour de leur départ pour la France, 27 avril, la plus cordiale hospitalité de M. Noufflard.