M. Michel Oreste.
En moins d'un an, Haïti aura, par deux fois, changé de président. Au mois de septembre dernier, le général Leconte, tué dans l'explosion de son palais, à Port-au-Prince, était remplacé par M. Tancrède Auguste, qui ne devait occuper que peu de temps ses hautes fonctions. Sa mort, survenue au mois de mai, a rendu nécessaire une élection nouvelle: c'est sur M. Michel Oreste que s'est porté, d'un accord unanime, le choix de l'Assemblée nationale.
Né à Jaemel en 1859, M. Michel Oreste a partagé, jusqu'à présent, son activité entre la jurisprudence et la politique. Avocat, puis procureur de la République près le tribunal de sa ville natale, il a professé le droit constitutionnel et administratif à l'École de droit de Port-au-Prince.
D'abord député au Corps législatif, il a été, par deux fois, nommé sénateur, en 1902 et en 1912.
En Haïti, le nouveau chef de l'État est très estimé pour la droiture de son caractère, son intelligence, son courage, qui lui ont gagné la faveur populaire.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
Curieux phénomène de vision nocturne.
L'oeil humain possède deux sortes d'organes pour percevoir les rayons lumineux: les cônes et les bâtonnets. Les cônes, logés dans la tache centrale de la rétine, sont les organes de la vision colorée; ils fonctionnent pendant le jour en recevant l'image des objets que nous fixons. Les bâtonnets sont disséminés sur le reste de la rétine; ils donnent la sensation de lumière, abstraction faite de toute couleur.
Ces deux groupes d'organes possèdent une sensibilité fort différente; il semble, en outre, que les cônes fonctionnent pendant le jour ou le soir s'ils sont excités par une lumière directe, alors que les bâtonnets nous servent durant la nuit. Pour vérifier ce phénomène, un physiologiste réputé, Lummer, a fait diverses expériences dont plusieurs sont faciles à répéter. Lors d'une ascension en ballon par une nuit de pleine lune, des oriflammes de plusieurs couleurs avaient été attachées à la nacelle. A mesure que l'oeil s'habituait à la nuit, les couleurs s'atténuèrent, et, bientôt, toutes parurent uniformément grises ou blanchâtres.
Un autre jour, dans la montagne, le ciel était très étoile. Si l'oeil était affecté par le voisinage de lampes électriques, les cônes restaient éveillés, et la vision colorée subsistait. Il suffisait de se mettre à l'abri des lumières vives pour que les bâtonnets entrent en jeu; on perdait alors la notion des couleurs, et le ciel, où l'on n'avait aperçu jusque-là que de rares étoiles, apparaissait constellé d'une myriade d'astres, tous de teinte blanchâtre. Leur nombre et leur éclat diminuait beaucoup dès que l'on faisait un effort pour les fixer. D'autre part, si l'on se retournait brusquement, au moment où les bâtonnets étaient en pleine activité, les lumières rouges des fenêtres paraissaient blanches durant le très court instant nécessaire pour «déclancher» l'action des cônes.