Quant aux soldats bulgares, on les a sommés de se rendre. Une partie s'est laissé désarmer, les autres ont voulu résister et ont été pris de force: 1.208 prisonniers bulgares vont demain prendre le chemin d'Ithaque!...
Mardi, 1er juillet.
Hier soir, le ministre de Bulgarie, M. Hadji Mischef, et le consul, M. Stéphanof, ont manqué provoquer de graves incidents au restaurant Avérof où ils dînent d'ordinaire. Le patron les voyant entrer se précipita vers eux:
--Je vous ai préparé un cabinet particulier.
--Pourquoi cela?
--Parce que... parce que... Enfin, vous savez, les gens sont plutôt surexcités ce soir!
--Eh bien, nous dînerons dans la salle commune, et qu'ils y viennent, ceux qui ne seront pas contents, répondirent les deux diplomates à voix très haute, pour être entendus de tous.
Dans la salle, les dîneurs haussèrent les épaules.
... Au ministère des Affaires étrangères, M. Caradja, chef de cabinet du ministre, m'a remis nos «passes d'état-major» qui nous permettront de partir demain matin pour Chalcis et Salonique. Des ordres spéciaux ont été partout donnés nous concernant.
J'ai déjeuné avec le général Eydoux. Il voit cette guerre avec beaucoup de calme et de confiance, car il connaît l'armée qu'il a instruite. Il sait ce dont elle est capable, sous le commandement de son roi. Il sait combien son moral est élevé. C'est-à-dire qu'en faisant, bien entendu, la part des accidents de guerre, toujours possibles, toutes les chances de succès sont pour l'armée grecque.