Une curieuse nouvelle nous parvient d'Amérique. On pourrait l'accueillir avec méfiance si le nom dont elle se recommande n'était pas celui d'un des premiers apiculteurs des États-Unis.

Après six années de recherches et d'innombrables tentatives infructueuses, M. Louis J. Terrill, de Lawrenceburg (État d'Indiana), a réussi à produire une race d'abeilles sans aiguillon en croisant des reines de l'espèce italienne avec des bourdons de Chypre.

M. Terrill a pu prouver que l'élimination du dard se traduit par de précieux avantages: les abeilles sont plus réfractaires aux maladies qui déciment les essaims des espèces communes; elles récoltent une plus grande quantité de nectar et produisent un miel plus savoureux.

LA COMMÉMORATION DE DENAIN

La victoire de Denain, qui, le 24 juillet 1712, fut, selon l'expression de Michelet, une éclaircie merveilleuse dans le ciel chargé qui obscurcissait la France, était commémorée par un simple monolithe placé dans la campagne sur le territoire d'Haulchin.

La statue de Villars, inaugurée
le 13 juillet, à Denain.

--Phot. Lambert.

La grande cité industrielle a voulu plus somptueusement honorer la mémoire du maréchal de Villars. Déjà, en 1892, un comité, encouragé par une importante souscription de la ville, s'était formé dans le but d'élever un monument au héros de la grande journée du 24 juillet 1712 qui rendit à la France la fortune des armes, hâta la conclusion de la paix et prépara le traité d'Utrecht. Après le grand cortège historique organisé l'an dernier pour fêter le bicentenaire de la bataille de Denain (voir L'Illustration du 3 août 1912), l'oeuvre a été poursuivie et menée à bien, et une belle statue équestre de Villars a pu être inaugurée dimanche sous la présidence de M. le marquis de Vogüé, de l'Académie française, qui est rattaché par les liens du sang au maréchal de Villars.

La statue, oeuvre d'un enfant de Denain, M. Henri Gauquié, avait déjà été admirée au Salon des Artistes français, où elle avait obtenu la grande médaille d'honneur. Le piédestal a été dessiné par l'architecte Guillaume.

M. Bricout, président du Comité, fit à la ville la remise du monument. Après quoi, en un très beau discours, M. de Vogüé évoqua la glorieuse journée. Des vers furent dits par un mineur poète, M. Jules Mousseron. Puis les troupes de la garnison, commandées par le général Exelmans, défilèrent devant le maréchal de Villars.