Détail peu connu et qui frappe particulièrement les Européens voyageant au Canada, les Peaux-Rouges du Nord ont totalement oublié l'idiome d'Oeil de Faucon. Ils parlent à peine l'anglais et guère mieux le français; mais ils s'expriment correctement en latin. Et c'est dans la langue de Cicéron que les touristes conversent avec les jeunes squaw, habillées comme des Parisiennes, qui leur montrent les curiosités du pays, dont une des principales est un grand chef Peau-Rouge établi à Indian Laurette, à 80 kilomètres au nord de Québec... comme notaire.

La chose s'explique par l'influence du clergé dans la province de Québec, lequel s'efforce de vulgariser parmi ses ouailles la langue des psaumes jusqu'ici dédaignée par les auteurs modernes qu'il considère comme dangereux.


Le pont, interdit à la circulation, quelques minutes avant l'accident: de profondes fissures sont visibles, à droite et à gauche de la pile.--Phot. Girard.

L'effondrement, dans la Loire, de la dernière pile, entraînant celui de tout l'ouvrage.--Phot. Girard.

Après la chute du pont: seule la dernière pile émerge, tandis que les rails du tramway, les câbles électriques et les conduites d'eau relient toujours les deux rives.--Phot. Thuret.

l'écroulement du pont maudit a nantes

Un pont s'écroule a Nantes.

Un accident d'une nature assez rare vient de se produire, la semaine dernière, à Nantes: un des vieux ponts de la ville, appelé le pont Maudit, s'est écroulé mercredi, dans la Loire. Comme depuis la veille il menaçait ruine, qu'une des pierres de sa voûte déjà s'était détachée, la circulation y avait été interdite. Mais il est heureux que l'accident ne se soit pas produit le 14 juillet, où, le soir, une foule énorme était massée sur le pont pour contempler le feu d'artifice: c'eût été une catastrophe effroyable.

Il va toutefois résulter de cet accident une gêne considérable pour le grand port. Le pont Maudit faisait partie, on effet, d'une ligne de ponts qui réunit le centre de la ville, établi sur la rive droite de la Loire, au quartier commerçant et industriel de la Prairie aux Ducs, où sont installés nombre d'usines, d'entrepôts, de grandes maisons de négoce.

Le nom, assez étrange, de l'ouvrage détruit avait une amusante origine. Son établissement avait été réclamé, en 1779, par les habitants de l'île Feydeau, située au milieu de la Loire, tous gens opulents, grands armateurs, et plus ou moins marchands de «bois d'ébène», bâtisseurs des magnifiques hôtels qu'on admire encore aujourd'hui sur ce point de la vieille cité, qui se plaignaient d'être isolés, demandaient l'établissement d'une passerelle en charpente entre leur rive et celle de l'île Gloriette, leur voisine, elle-même réunie à la rive du fleuve; ils offraient de payer une, partie des frais de la construction. L'administration municipale ne put s'entendre avec eux. Le pont cependant fut construit, aux seuls frais des intéressés qui se vengèrent de leur déconvenue en l'appelant le Maudit Pont.

L'ouvrage qui vient de disparaître, pont de pierre d'une seule arche qui avait remplacé l'ancienne passerelle et dont les débris encombrent maintenant le lit de la Loire, ne remontait pas si haut. Il avait été reconstruit, en dernier lieu, en 1841,--mais, chose curieuse, toujours aux frais des habitants, en grande partie du moins.

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