» Le 8 juillet, l'attaque générale sur Istip devait avoir lieu. Toute la IIIe armée, en ordre de bataille, se portait sur la Bregalnitza sur un front allant de Krupichte à la Kriva Lakavitza, lorsque l'on s'aperçut que les Bulgares s'étaient évanouis dans la direction de Radovichta, tandis que, en avant de la Ire armée, vers Cera et Betsikovo, on ne trouvait plus aucun contact, l'ennemi ayant disparu vers Tsarevo-Selo.
» Devant la double pression exercée sur ses deux ailes par les troupes de Krivolak et par la Ire armée, dont une autre division encore avait franchi la Bregalnitza à Mojantzi, marchant sur Kochevo, le général Kovatchef avait donné l'ordre de retraite. La bataille de la Bregalnitza se terminait à notre avantage.»
Tel fut le récit du capitaine Marinkovitch. Nous devons y ajouter ceci: Le 9 juillet, la division de cavalerie serbe pénétra, presque sans résistance, à Radovichta. Dans la soirée, ses reconnaissances entraient en contact avec celles de la cavalerie hellène remontant vers le nord. L'armée du roi Constantin, victorieuse à Kilkiz et à Doïran, poussait devant elle les divisions du général Ivanof, et les deux armées bulgares dans une effroyable confusion se rejetaient au nord des montagnes. L'on apprenait l'entrée en ligne de la Roumanie, le passage du Danube par ses troupes, la marche des Turcs sur Andrinople, et la demande d'intervention à l'Europe de la Bulgarie déjà aux abois...
Alain de Penennrun.
UNE ACQUISITION RETENTISSANTE
Le triptyque que le Louvre vient d'acquérir de M. Kleinberger pour un prix qui, assure-t-on, approcherait d'un million, est une des oeuvres capitales de Roger Van der Weydon (1), maître de Memling, un des émules les plus remarquables des Van Eyck et qui, jusqu'ici, n'était pas représenté au Louvre par une peinture d'une incontestable authenticité.
Note 1: Une singulière coïncidence amène dans ce numéro de L'Illustration la rencontre du vieux maître flamand Roger Van der Weyden et de son jeune homonyme, dont l'oeuvre délicate que nous reproduisons en couleurs hors texte a été si favorablement appréciée au Salon de 1913.--N. D. L, R.
Ce triptyque fut apporté des Flandres à Londres, au début du dix-neuvième siècle, et figura dans une vente publique. En 1845, un artiste nommé Evans l'acquit dans le Nord de l'Angleterre et le vendit, comme une oeuvre de Memling, au marquis de Westminster, dont la fille, lady Theodora Guest, le possédait encore il y a quelques semaines. Les spécialistes les plus éminents s'accordent à le considérer comme une oeuvre de Roger Van der Weyden, contemporaine du célèbre retable de l'hôpital de Beaune, peint vers 1450.
Des armoiries, peintes au revers des volets et accompagnées d'une curieuse légende en vers français, nous apprennent que notre triptyque a été exécuté pour un seigneur de Braque et pour sa femme, qui appartenait à la famille tournai sienne de Brabant.
La place de ce chef-d'oeuvre est tout indiquée à côté des pièces capitales de la même école qui font la gloire du Louvre: la Vierge au Donateur, par Van Eyck, les Noces de Cana, par Gérard David, et le splendide Memling légué en 1878 par la comtesse Duchâtel.
Seymour de Ricci.