Le drapeau pontifical et sa garde.

Dimanche matin, au rapport, le colonel ayant annoncé que les rebelles seraient punis, des scènes regrettables se produisirent, et l'on jugea prudent de retirer aux mutins fusils et munitions.

L'anxiété fut grande au Vatican en attendant la décision papale. En ville, les quotidiens romains, enchantés de trouver matière à articles sensationnels, faisaient des prodiges d'imagination: on découvrait des complots anti-italiens, les journaux ministériels annonçaient la disparition de la garde, tandis que ceux de l'opposition prévoyaient la création d'un corps de zouaves pontificaux. Enfin, d'un commun accord, tous annonçaient que le colonel Repond, marié depuis six mois, était en voyage de noce, et que la révolte interrompait une lune de miel...

C'était beaucoup de bruit pour peu de chose. En réalité, la discipline imposée par le colonel suisse, qui commande depuis trois ans la garde pontificale, a été respectée, puisque la révolte s'est passée sans que jamais le service du pape en souffrît. Les sous-officiers et les vieux soldats, de même que les jeunes mutins, avaient promis à leur chapelain, Mgr Corragioni d'Orelli, que tout se passerait sans scandale. Ils ont tenu parole: dimanche après-midi, quelques heures après que la scène la plus tumultueuse de la révolte se fut déroulée dans la cour de la caserne, la garde, in corpore, faisait le service d'honneur pendant une audience que Pie X donnait aux pèlerins américains.

Il a suffi, mercredi matin, d'une lettre de Pie X, exprimant sa douleur de voir la vieille garde, qui s'est tant de fois couverte de gloire au cours des siècles, suivre quelques meneurs et commettre des actes graves d'indiscipline, pour que les soldats se soumissent et acceptassent tranquillement les sentences prononcées par leurs supérieurs.

Le capitaine Glasson, qui a traité sa troupe avec beaucoup trop de dédain et de morgue, a été invité à donner sa démission, et trois des chefs de la mutinerie ont été expulsés.
Robert Vaucher.


La tenue que n'aiment pas les gardes pontificaux; celle, qu'ils portent à l'exercice.

L'uniforme qui leur plaît; celui qu'ils revêtent pour la parade.

Photographies Felici.

CE QU'IL FAUT VOIR