Sophonisbe, tragédie en quatre actes, de M. Alfred Poizat, que La Petite Illustration publie d'autre part, a été remarquablement mise à la scène par la Comédie-Française qui vient de l'inscrire à son répertoire. Mais, avant d'offrir ce spectacle à ses abonnés, elle en aura donné la première représentation devant le Mur d'Orange. Les trois scènes que nous en reproduisons ont été prises au cours des répétitions sur le «plateau» de l'Opéra-Comique où la Comédie-Française a transporté momentanément ses pénates. C'est pendant la seconde guerre punique, à Cirta, Sophonisbe, qui, pour des raisons politiques, dut épouser, naguère, le vieux roi Syphax, n'a pas cessé d'aimer Massinissa, le guerrier numide qui, par dépit, a contracté alliance avec Scipion, le chef de l'armée romaine. Il vient d'entrer victorieux dans la ville comme on annonce à la reine que Syphax, son époux, a succombé sur le rempart. Retrouvant Sophonisbe, il lui exprime son amour et lui fait jurer de l'épouser. Mais Scipion s'oppose, au nom de Rome, à ce mariage et, comme Sophonisbe lui résiste, il commande qu'on amène Syphax qui n'est pas mort mais seulement prisonnier des Romains. Alors, ne pouvant se résoudre à sacrifier un de ses époux à l'autre, Sophonisbe ne voit de solution que dans la mort. Elle boit la ciguë et expire devant Massinissa et Scipion.
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Le colonel Repond, commandant de la garde suisse pontificale. |
La relève des sentinelles aux portes du Vatican. |
Le capitaine Glasson, instructeur des recrues de la garde, démissionnaire. |
UNE MUTINERIE AU VATICAN
Notre correspondant de Rome nous écrit:
Rome, 26 juillet.
Un beau soleil de juillet inonde la cour de Sainte-Anne, quartier de la garde suisse pontificale. Près des portes, dans leur pittoresque costume noir, jaune et rouge dessiné par Raphaël, les soldats veillent. Le calme règne sur toute chose et l'on hésiterait à penser que l'on sort à peine d'un pronunciamiento.
En effet, pendant sept jours la rébellion a sévi dans la troupe que commande le colonel Repond, et dont L'Illustration l'an dernier (numéro du 8 juin 1912), à l'occasion de l'assermentation des recrues, disait la belle tenue martiale.
Le mardi. 17 juillet, au moment de prendre la garde, 21 soldats déclarèrent refuser de marcher tant que leur instructeur, le capitaine Glasson, neveu du colonel Repond, ne serait pas licencié. Sur l'ordre de leur major, ils obéirent néanmoins, après avoir reçu l'assurance que le cardinal Merry del Val, chef suprême de l'armée pontificale, serait informé de l'incident.
Deux heures après, le capitaine Glasson quittait le Vatican en congé illimité.
On eût pu croire que tout était terminé, mais les mutins, conduits par quelques jeunes recrues turbulentes, voulurent davantage. Ils firent remettre au Saint-Père un mémoire demandant, en particulier, la réduction des exercices--pour lesquels ils revêtent une tenue moins somptueuse que leur uniforme de parade--la nomination des officiers parmi les sous-officiers du corps, et enfin l'autorisation de fréquenter les osterie du Borgo, dont l'accès leur avait été interdit par le colonel Repond.