Photographies René Puaux.
Vue d'ensemble de la destruction de Serès.
Le consul général austro-hongrois à Salonique, M. Kral, visite, à Serès, les ruines du vice-consulat d'Autriche-Hongrie.
CE QUE LES BULGARES EN ONT FAIT, DANS LA RAGE DE LEUR DÉFAITE
Phot. R. Puaux et F. de Jessen.
Un blessé, sur un brancard, est porté... par des paysans turcs. Les Turcs ont ôté leurs ceintures de flanelle rouges, vertes et jaunes. Elles forment un petit matelas doux, sur lequel repose le corps du soldat grec. A les voir aller si doucement, si lentement, ces braves Turcs, pour que le blessé ne souffre pas, on est ému. Qui aurait prédit, il y a quelques mois, que Turcs et Grecs se réconcilieraient au chevet des nobles blessés qui les délivrent du joug bulgare? Autre brancard, également porté par quatre Turcs robustes. Je reconnais un képi de lieutenant; il couvre la figure; les mains sont croisées, comme pour prier. Elles sont jaunâtres... des mains de mort: «Il est mort?--Oui, madame.» Je descends de cheval pour lui baiser la main; les soldats le découvrent: une figure de cire, très jeune. Les soldats ont voulu l'accompagner jusqu'à l'ambulance du bataillon: «Il avait vingt-sept ans, madame, il connaissait cinq ou six langues; sorti des Evelpides, il avait achevé ses études en France. Nous l'avons vu se battre, madame, pendant la dernière guerre, comme un héros; il a pris part à toutes les batailles. Ce matin, il nous conduisait en chantant avec nous. La balle l'a trouvé. Il est tombé: «Ne vous occupez pas de moi, mes braves, allez, je n'ai rien», qu'il disait. Il s'est traîné jusqu'à la première tranchée bulgare. Il a reçu là, voyez, madame (et le soldat qui parle me montre le bas du corps traversé par la baïonnette) un coup de baïonnette et il est tombé en souriant, tel que vous le voyez là. Nous l'avons vengé, je vous assure. Il était si bon pour nous, ses enfants, comme il nous appelait.» Et les yeux des soldats sont pleins de larmes.
UN CHAMP DE DOULEURS ET DE GLOIRE
... Un immense champ de douleurs. Ils sont tombés là par centaines, les braves soldats de la Grèce! Ah! «cette guerre n'a pas de grandeur!» Je viens de lire cela dans un article du Temps! Que ceux qui écrivent, ignorants des choses, viennent voir!