les théâtres
Les trois représentations que la Comédie-Française vient de donner les 2, 3 et 4 août sur le théâtre Antique d'Orange ont singulièrement animé la petite cité vauclusienne, favorable aux tragiques, et dont les habitants ne jurent plus que par Zeus. Polyphème, le drame antique d'Albert Samain, composait, avec l'Andromaque de Racine, le spectacle du premier jour; le second, on a joué Rome vaincue, drame d'Alexandre Parodi; enfin, le troisième jour a été consacré à la Sophonisbe de M. Alfred Poizat que précédait Le Passant de F. Coppée. Oeuvres et interprètes ont provoqué les longues acclamations d'une assistance considérable, prédisposée à l'enthousiasme par le renom des auteurs et des artistes du premier théâtre français, aussi bien que par la splendeur émouvante du décor et la douceur de la nuit scintillante d'étoiles.
En cette saison de vacances, tragédiens et comédiens abandonnent volontiers Paris et c'est la province qui nous envoie des nouvelles théâtrales. A Miramont, dans le Lot-et-Garonne, M. et Mme Silvain, à la tête d'une troupe d'artistes choisis ont représenté le Cid, tandis qu'à Deauville M. Lenglé, écrivain ingénieux et spirituel, précédemment applaudi au Théâtre-Michel, donnait au Casino la primeur d'un acte alerte, original. La R. P., excellemment enlevé par Mlle Lucienne Guêt et MM. Juvenet et Paul Villé.
Le Théâtre des Variétés vient de reprendre l'Enfant prodigue, la délicieuse pantomime de M. Michel Carré qui fournit au compositeur André Wormser l'occasion d'écrire une partition tout à fait charmante. Cette œuvre a retrouvé le succès qui l'accueillit, voici quelque dix ans, lors de sa création à la Renaissance. Elle est accompagnée sur l'affiche par Son premier voyage, amusante comédie en deux actes de MM. Xanrof et Guérin.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
Un nid d'hirondelles juché sur des
grappes de maïs pendues au
plafond d'une chambre de paysans
à Marnay (Haute-Saône).
Phot. M. Bey.
Les oiseaux familiers.
L'an dernier, à pareille époque exactement (numéro du 10 août), nous reproduisions la photographie d'un nid d'hirondelles bizarrement établi sur la plate-forme d'une suspension de salle à manger, chez M. Edmond Bey, à Marnay (Haute-Saône).
Une chose plus curieuse encore vient de se produire dans la même commune; des hirondelles--ne serait-ce point les petits des fantaisistes oiseaux de l'an dernier?--ont établi leur nid, cette fois, chez une vigneronne de Marnay, Mme Marcot, sur un paquet de grappes de maïs suspendues au plafond, en avant de la vieille horloge familiale, dont on aperçoit, sur la photographie reproduite ici, le cadran. Ce nid est si fragilement installé que chaque fois que le père ou la mère viennent apporter la becquée à leur progéniture, il se balance au mouvement que font les petits pour recueillir leur nourriture. Ces bestioles sont d'ailleurs si peu farouches qu'elles se laissent caresser par leurs hôtes.