Le tungstène, rival du platine, en électricité.
Le platine possède de nombreuses qualités qui ont rendu son usage très répandu en matière d'électricité. Son inaltérabilité est supérieure à celle de l'or, il est très ductile et très malléable en même temps que très tenace; et son infusibilité est grande. Enfin, sa résistivité, plus élevée que celle du cuivre, fait qu'il se prête admirablement à la construction des résistances, soit résistances de réglage, soit résistances de chauffage. D'autres qualités de ce métal, telles que son très faible coefficient de dilatation et son pouvoir émissif sélectif, le font rechercher pour l'éclairage à incandescence.
Malheureusement, le prix du platine subit une hausse ininterrompue depuis quelque temps, et est monté jusqu'à 6.700 francs environ le kilogramme. Aussi a-t-on dû lui chercher un remplaçant.
Dans une étude donnée récemment dans les Archives d'électricité médicale, M. le docteur Nogier, de Lyon, vient de montrer que le tungstène peut, en électricité, rivaliser avec le platine et même être substitué à celui-ci avec grand avantage.
Longtemps inutilisé depuis sa découverte par Scheele, en 1781, parce qu'on ne savait pas réaliser des températures assez élevées pour le fondre, le tungstène est inaltérable à l'air, insoluble dans les acides et les lessives de soude et de potasse; il n'est pas attaqué par le mercure. C'est le plus infusible des métaux, en même temps très ductile et très tenace.
Le coefficient de dilatation du tungstène est trois fois plus faible que celui du platine. Sa résistivité est, il est vrai, un peu inférieure à celle du platine à la température ordinaire; mais elle décuple à 2.000 degrés.
Le tungstène paraît donc capable de suppléer le platine pour tous les usages électriques: et il offre sur ce métal le grand avantage d'être cent fois meilleur marché que celui-ci. Le prix du kilogramme de tungstène pur est en effet d'environ 60 fr.
De plus, ce métal peut être obtenu à un état tel qu'il raye le verre, tout en restant ductile: alors que le platine, comme on le sait, soumis à des chocs répétés, s'écrase et s'use rapidement.
La forêt et la neige.
Nous signalions récemment les observations faites dans la Nevada pour préciser l'influence de la forêt sur la neige. A ce propos, M. Paul Mougin, conservateur des eaux et forêts, nous signale les observations organisées sur son initiative dans les deux départements de Savoie et qui ont porté sur 28 stations.