Le monument des soldats français décédés en 1870-1871,
dans le nouveau cimetière de Magdebourg.
--Phot. Pierre Caraud.

Or, un chemin de fer va traverser le champ paisible où ils reposaient. Aux termes de la loi allemande, on pouvait les laisser là, établir la voie sur leurs tombes. Mais l'autorité, mue par un sentiment délicat, décida leur transfert au nouveau cimetière. On y a transporté aussi, avec leurs cendres, après l'avoir remis à neuf, le monument élevé à leur mémoire, assez curieux d'aspect, massif cénotaphe ouvert sur l'un de ses grands côtés et laissant voir, dans la niche ainsi formée, la figure d'un soldat mourant qui serre de ses mains défaillantes un drapeau surmonté--par un complaisant anachronisme!--d'un fer de lance.

A l'occasion de cette nouvelle inhumation des cendres de tant de braves a eu lieu, le dimanche 20 juillet, une cérémonie émouvante, à laquelle assistaient le général en chef du 4e corps d'armée allemand, tous les officiers et des délégations de tous les régiments de la garnison de Magdebourg, le lieutenant-colonel Serret, attaché militaire à l'ambassade de France à Berlin et son collègue l'attaché militaire autrichien, etc. Des couronnes jonchaient les tombes. Les soldats de Magdebourg avaient, avec sollicitude, décoré le cimetière.

Les honneurs militaires furent rendus. Des aumôniers, catholiques, protestants, prononcèrent d'éloquentes oraisons funèbres et des chants religieux, les accents martiaux d'une musique régimentaire terminèrent la pieuse cérémonie.

Coqueluche et changement d'air.

Depuis longtemps, on le sait, le changement d'air est un des remèdes les plus en faveur en ce qui concerne la coqueluche. Ce changement, au reste, n'est utile que s'il assure au malade un air plus pur, plus sain: le simple changement d'un air médiocre à un autre air médiocre est sans vertu. D'un autre côté, s'il est utile au malade, il ne peut être que nuisible à la localité où l'on transporte celui-ci. Dans ces conditions il n'est pas surprenant que le conseil supérieur d'hygiène, en Autriche, vienne d'émettre un avis tout à fait défavorable au transport des coquelucheux, et ont engagé les communes à prendre toutes les mesures utiles pour empêcher l'introduction de ceux-ci. «Le déplacement des coquelucheux pendant la période infectieuse, vers d'autres localités, et spécialement vers les stations balnéaires et lieux de villégiature, est absolument inadmissible, dit-il, et doit être empêché par tous les moyens possibles.» Comme le code pénal autrichien punit d'une amende de deux mille couronnes, ou de six mois de prison, quiconque a, par sa négligence, provoqué la propagation d'une maladie contagieuse, on est assez bien armé, en Autriche, contre le déplacement des coquelucheux, et ses conséquences pour le tiers et le quart.

Les métaux existant dans les eaux minérales.

Jusqu'ici l'étude des eaux minérales ne comportait guère que des analyses chimiques révélant la présence d'un petit nombre de métaux ou de métalloïdes en teneur relativement élevée. En ces derniers temps, on recherchait en outre les éléments radioactifs.

Le docteur Jacques Bardet, professeur à l'Institut d'hydrologie, a pensé que l'analyse spectrale, beaucoup plus sensible que l'analyse chimique, permettrait de trouver dans les eaux des traces, même minimes, de quantité de métaux ayant échappé aux chimistes. Il a donc examiné au spectroscope les résidus secs de 54 sources choisies dans 34 stations thermales réparties sur tous les points de la France. Il a constaté que ces eaux renferment toujours du plomb, presque toujours de l'argent et de l'étain, souvent du molybdène et du cuivre. Il a encore trouvé du bismuth, du zinc, du glucinium, et deux métaux actuellement considérés comme rarissimes: le germanium et le gallium.