Or, en 1911, le mouvement du port de Marseille atteignait 20 millions de tonnes de jauge; celui du Havre se chiffrait par 10 millions, supérieur seulement de 2 millions à celui d'Oran qui se classe le quatrième port français.
Cette prospérité est due au développement économique de l'Algérie, dont les vins et les minerais constituent un fret important, et aussi à la situation géographique d'Alger devenu port d'escale et de ravitaillement pour la plupart des grandes lignes de navigation.
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Le Borda. |
Le Duguay-Trouin. |
L'ÉCOLE NAVALE D'HIER ET CELLE D'AUJOURD'HUI, DANS LE PORT DE BREST.--Photographies H. Freund.
La fin du «Borda»
Le navire qui, depuis 1890, abritait l'École navale, et qui s'était appelé l'Intrépide avant d'être, selon une tradition remontant à Louis-Philippe, baptisé Borda, a, comme disent les marins, «gagné ses invalides». Et à moins qu'il ne soit adjugé au plus fort enchérisseur et démoli, il va devenir, dans quelque coin de port, un ponton tout rasé. Mais ce qui est plus digne encore d'être noté, c'est que son remplaçant ne va point porter le même nom illustre et populaire: l'Officiel, en effet, a enregistré la nomination du capitaine de vaisseau Merveilleux du Vignaux «au commandement du Duguay-Trouin et de l'École navale. Plus de Borda!--et donc plus de bordaches!--Quel néologisme cette révolution va-t-elle introduire dans l'argot pittoresque de nos futurs officiers de marine?
Le premier Borda avait été d'abord le Commerce de Paris, aménagé, en 1840, en École navale, et auquel, en l'appelant à cette nouvelle destinée, on avait donné le nom d'un officier de marine aussi savant que brave. En 1863, le premier Borda fatigué, le Valmy le remplaça et reprit le même nom, comme allait faire, en 1890, le dernier Borda.
Le Duguay-Trouin, qui accueillera, à la rentrée, les fistots, a préludé à ses nouvelles fonctions en promenant autour du monde, depuis plusieurs années, les jeunes aspirants émoulus de l'École navale. Il avait, en effet, remplacé l'Iphigénie comme navire-école annexe du Borda.
Un monument français en Allemagne.
Au cours de la guerre de 1870-71, de nombreux soldats français--plusieurs milliers--faits prisonniers sur les champs de bataille, furent envoyés à Magdebourg, en Saxe prussienne, qui avait déjà vu mourir Lazare Carnot, le grand ancêtre. Près de 1.000--3 officiers, 890 soldats--y succombèrent, les uns aux suites de leurs blessures, les autres de maladies diverses. Ils furent inhumés dans le cimetière militaire, où leurs restes retrouvèrent ceux d'autres vaincus des précédentes campagnes, des Danois, des Autrichiens.