Le colonel Cody.
Le colonel Cody, qui vient de trouver la mort, avec un passager, dans une chute d'aéroplane au camp d'Aldershot, en Angleterre, ne doit pas être confondu avec cet autre qui devint célèbre sous le nom de Buffalo Bill. Comme son homonyme, il avait été cow-boy dans le Far-West et, sous le costume original qu'il portait, il n'était pas sans avoir aussi avec lui quelque ressemblance physique. Virtuose de l'équitation et du tir, sa réputation dans ces exercices de force et d'adresse s'établit rapidement et fut universelle.
Depuis quelques années, il s'était installé en Angleterre et s'était adonné résolument, l'un des premiers, au sport nouveau; il devait y connaître de brillants succès. Tout ensemble inventeur heureux et pilote exercé, il ne montait que des appareils étudiés et construits par lui. Il s'était, l'an dernier, attribué la première place dans le concours d'aviation institué par le ministère de la Guerre anglais.
L'APOTHÉOSE DES VAN EYCK A GAND
Notre correspondant de Bruxelles, M. Gérard Harry, nous écrit;
Le génie artistique a rarement reçu un hommage pareil à celui dont vient d'être l'objet, à Gand, la mémoire d'Hubert et Jean Van Eyck. C'est en 1432 qu'apparut au public leur chef-d'œuvre, leur merveilleux retable: l'Adoration de l'agneau mystique. Et c'est en 1913 que le monde dédie un monument aux admirables peintres. Leur prestige, loin d'avoir subi l'outrage du temps, reluit donc plus que jamais au bout de cinq siècles.
Le monument des frères Van Eyck, à Gand.
L'apothéose des Van Eyck ne résulte pas d'une simple initiative locale et flamande: elle traduit un sentiment universel. C'est un comité international, englobant jusqu'aux États-Unis, qui a voulu et payé ce monument, érigé sur le square Saint-Bavon, à côté de la vieille église qui garde les ossements d'Hubert Van Eyck et le morceau capital du prodigieux polyptique tronçonné par la cruauté des hommes et des événements en trois parties, dont une est exilée au musée de Bruxelles et une autre au musée de Berlin.