La zaouïa de Moulai Idriss, dans les montagnes du Zerhoun.
PHOTOGRAPHIES EN COULEUR DE L'AUTEUR.
LE PRIX NOBEL DE MÉDECINE
L'Académie de Stockholm vient de rendre un nouvel hommage à la science française en décernant le prix Nobel de médecine au docteur Charles Richet, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris.
Fils d'un des plus grands chirurgiens du dernier siècle, l'éminent lauréat a su entourer d'un nouveau prestige le nom paternel. Né à Paris en 1850, il se révéla de bonne heure comme un chercheur original, avide d'appliquer son intelligence exceptionnelle aux travaux les plus divers. Après avoir travaillé dans le laboratoire de Berthelot, il publie un Dictionnaire de physiologie qui est resté le modèle du genre; puis il occupe ses loisirs en assumant la direction de la Revue scientifique.
Une série d'études techniques sur des questions jusqu'alors à peine entrevues le placent bientôt au premier rang et, en 1887, il se voit appelé à occuper la chaire de physiologie de la Faculté de médecine. Quelques mois plus tard, en participation avec notre collaborateur le docteur Héricourt, il démontre que le sang des animaux vaccinés contre une infection peut, si on le transfère à un autre animal, conférer à ce dernier un certain degré d'immunité. C'était le point de départ de la méthode sérothérapique qui a donné depuis de si brillants résultats. Plus récemment, Charles Richet formulait les premières règles de l'anaphylaxie, ou sensibilisation progressive de l'organisme aux substances toxiques issues des albuminoïdes. Il ouvrait ainsi à la thérapeutique une branche nouvelle d'une importance considérable.
M. Charles Richet à sa table de travail.
Dans ses divers ouvrages, le docteur Richet n'apparaît point seulement comme un savant de haute envergure, il se révèle encore écrivain de race; par l'ampleur et la précision du style, tels morceaux de son Essai de psychologie générale rappellent, les plus belles pages d'Ampère. Depuis plusieurs années, il faisait partie de la Société des Gens de lettres.
On applaudira d'autant plus au choix de l'Académie suédoise qu'en choisissant un grand physiologiste elle a, en même temps, distingué une des plus belles intelligences de notre époque.