L'attitude de M. Calderon a ému l'administration, qui veut en finir avec une situation prodigieusement anormale. M. Paul Léon, chef de la division des services d'architecture au sous-secrétariat des Beaux-Arts, est allé causer avec le propriétaire de Saint-Privat; il lui a proposé d'acheter le terrain nécessaire pour rendre au public le «point de vue». M. Calderon demanda 46.000 francs, puis 20.000 francs pour un terrain d'environ un hectare qui, paraît-il, vaut à peine un millier de francs.
4--Le pont du Gard vu dans toute son étendue de la
propriété de M. Calderon, dont l'accès est maintenant interdit au public.
--Phot. Neurdein.
Devant ces prétentions, les pouvoirs publics ne se trouvent pas désarmés; la loi de 1906 sur la protection des sites permet à la commune et au département de recourir à la procédure d'expropriation. D'après l'enquête faite par le préfet du Gard, il suffirait, pour dégager les abords de l'aqueduc, d'acquérir 12 hectares de terrain, dont sept seulement appartiennent à M. Calderon et estimés 1.050 francs l'hectare. Soit une dépense totale d'environ 13.000 francs. Au cas où le département du Gard refuserait d'exproprier, l'État se chargerait de le faire en vertu du droit souverain d'expropriation que lui confère la loi de 1841.
Peut-être, d'ici là, M. Calderon aura-t-il réfléchi.
Cet heureux propriétaire est, paraît-il, un fort galant homme; on conçoit que la sauvagerie de certains touristes l'ait exaspéré. Il a, dit-il, trouvé des inconnus jusque dans son vieux castel, inventoriant son mobilier et usant de son billard.
En cédant à l'État pour leur valeur intrinsèque quelques ares de terre, M. Calderon recouvrera la tranquillité; il redeviendra maître chez lui sans grand dommage pour l'harmonie de sa belle propriété, et tous les Français applaudiront à ce geste élégant.
F. Honoré.
Les nouveaux paquebots français de l'Amérique du Sud: le Gallia.
--Phot. M. Bar.