Le Danube, près de Roustchouk. Le monoplan de l'aviateur militaire roumain Capsa.
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LE VOYAGE EN ORIENT DE DEUX AVIATEURS FRANÇAIS.
--Escorté jusqu'au Danube par un aviateur roumain, le monoplan de Daucourt et Roux va traverser le fleuve pour entrer en Bulgarie, près de Roustchouk.--Photographie de M. Roux.
»Enfin, le ciel s'éclaire et nous arrivons à Budapest, où le comte Zichy et les membres de l'Aéro-Club nous reçoivent de façon charmante.»
Les aviateurs repartent le lendemain après déjeuner:
«La Hongrie n'est qu'un vaste champ d'atterrissage. Pas un pouce de terrain qui ne soit cultivé. L'aspect des villages est assez curieux: les rues sont, en général, très droites, se coupant à angle droit, avec les pignons des maisons face à la rue. Pendant trois heures, c'est le même paysage uniforme, banal et ennuyeux. La minute drôle du voyage fut le passage sur une tribu de tziganes, dont le campement comprenait une centaine de tentes d'où ils se précipitèrent pour nous voir passer.»
Repos à Arad, où M. Roux prend le train pour traïova. Ignorant ce que pourrait être la traversée des Carpathes, Daucourt a préféré faire cette étape seul. Elle fut très pénible. Il dut s'élever à une altitude de 2.500 mètres et souffrit beaucoup du froid et du vent.
M. Roux reprend sa place à bord au départ de Craïova:
«Jusqu'à Bucarest, c'est la plaine très fertile, plus variée que la plaine hongroise: du blé et beaucoup de maïs. Sur la gauche se déroule la chaîne des Carpathes couverts de neige. Nous planons sur Bucarest à midi 30, mais impossible de repérer l'aérodrome. Enfin, nous apercevons deux monoplan qui viennent à notre rencontre, passant à 100 mètres. Echange de saluts. Daucourt se laisse guider par l'un des appareils. Nous descendons absolument dans son sillage et touchons terre au même endroit précis. On crie «Vive la France!»; nous n'entendons parler que le français dans la foule qui nous acclame.»
Le prince Bibesco et les aviateurs roumains «battent le record de la réception».
Le lendemain, deux aviateurs de l'armée roumaine vont guider nos compatriotes jusqu'à la frontière bulgare. L'un d'eux est le capitaine Capsa, pilote de premier ordre, qui s'est signalé par des raids audacieux au cours de la guerre des Balkans: