Fidèle au «tel père tel fils», comme disait Monselet, M. Édouard Lockroy se devait de produire quelques actes. Son premier rêve, pourtant, avait été d'être peintre. Il dessinait fort bien, et quand, un peu plus tard, il accompagna Renan dans son fameux voyage en Orient, il fut pour l'historien un précieux collaborateur et fournit à son ouvrage de remarquables illustrations.

Sa curiosité insatiable, son esprit d'aventure, non moins peut-être que ses convictions, l'avaient porté encore à s'attacher à la fortune de Garibaldi et à s'enrôler parmi les Mille. Il avait amassé ainsi d'innombrables souvenirs, qu'il contait avec une verve, un esprit charmants et dont il fit, tout récemment, un attachant volume.

Le journalisme, les polémiques ardentes qu'il avait soutenues à la fin de l'Empire l'avaient conduit à la politique. Il y devait trouver une enviable carrière. De 1885 à 1899, il fit partie de cinq cabinets et fut deux fois ministre de la Marine.

Rue Royale, il s'était consacré à la lourde tâche qui lui incombait avec une énergie, un zèle, une conviction profonde. On a pu discuter les systèmes dont il fut l'ardent défenseur. Qui détient la vérité pure? On ne saurait oublier qu'il fut l'un des premiers champions de la navigation sous-marine, son véritable initiateur, peut-on dire, et il est équitable de rendre hommage au dévouement, à l'affection sincère qu'il avait voués à la marine française. Même après qu'il eut quitté le ministère, il ne cessa de se passionner pour toutes les questions qui la pouvaient toucher de près. C'est ainsi qu'il donna à L'Illustration, on 1901, d'intéressants articles sur l'Experimental Dock de Bremerhaven, où il préconisait--voeu aujourd'hui réalisé--la création en France d'un laboratoire semblable, et sur les Ports allemands en Chine.

L'ex-légionnaire Troemel.
--Phot. Ouvière.

L'EX-LÉGIONNAIRE TROEMEL EN FRANCE

Le cas du légionnaire Troemel, ancien bourgmestre d'Usedom, qui, au mois de mars dernier, contracta un engagement de cinq ans au 2e régiment étranger, a fait grand bruit, naguère, en Allemagne comme en France, et nous avons, dans notre numéro du 31 mai dernier, publié son portrait en même temps qu'une déclaration, écrite de sa main, par laquelle il affirmait être fort satisfait de sa nouvelle existence. Le légionnaire Troemel, après avoir été mis en observation à l'hôpital d'Oran, vient d'être réformé pour surdité; et il est arrivé cette semaine, en France.

Interrogé sur son séjour à la légion, M. Paul Troemel a assuré que «ses impressions étaient excellentes», et qu'il regrettait de n'avoir pu y rester plus longtemps.

LES THÉÂTRES