Le nouveau spectacle du théâtre Femina est des plus attrayants: il se compose de deux comédies, une en trois actes de M. Louis Bénière, Paraphe Ier, une en deux actes de M. Pierre Veber, Petite Madame.

Dans Paraphe Ier (type d'administrateur suffisant, encombrant, infatué de l'importance de sa signature), l'auteur de Papillon a mis le trésor d'observations de sa longue carrière de conducteur d'hommes et d'entrepreneur de grands travaux; on y retrouve donc cette verve satirique qui est, par moments, presque moliéresque; et l'interprète de ce personnage, M. Signoret, est admirable de solennité caricaturale.

Petite Madame vaut, au contraire, par la finesse et par le délié du trait, par la grâce légère et spirituelle.

La Comédie-Française a repris avec un succès considérable la très belle oeuvre de M. Henry Bataille, la Marche nuptiale, jouée au Vaudeville en 1905, et publiée par L'Illustration dans son numéro du 18 novembre de cette même année. C'est sans doute l'une des pièces par lesquelles l'éminent et brillant écrivain a le mieux exprimé tout ce qu'il y a en lui de sensibilité profonde et subtile. Et c'est une oeuvre dont va s'enrichir indiscutablement le répertoire de la Maison de Molière. Le rôle principal a fourni l'occasion d'un triomphe pour Mlle Piérat, et il suffit de nommer MM. Georges Berr, Grand, Granval, Mme Lara, pour juger de la qualité du reste de l'interprétation.

PARIS-LE CAIRE INTERROMPU

Au moment de mettre sous presse, une dépêche de Daucourt nous apprend que le raid Paris-Le Caire est provisoirement interrompu. D'Ada-Bazar, où nous l'avions laissé la semaine dernière, l'audacieux aviateur était parvenu sans incident à Konia puis à Eregli. A Bozanti (voir la carte, page 408), surpris par une forte tempête en traversant les monts Taurus, il fit une chute terrible, heureusement sans graves conséquences. L'appareil est brisé, mais le pilote est indemne. Son compagnon, M. Roux, avait pris le chemin de fer.

Une des photographies qui illustrent précisément (pages 408 et 409) notre article sur le chemin de fer de Bagdad permet de concevoir les difficultés avec lesquelles l'aviateur se trouvait aux prises et les risques qu'il courait. On ne saurait guère imaginer de montagnes plus abruptes et l'on frémit à la seule pensée d'une panne banale commandant l'atterrissage dans une telle région.

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