La région est peuplée de catholiques maronites, nos loyaux amis depuis les Croisades. La journée passée dans cet aimable petit port est peut-être celle qui, de tout ce voyage, laissera dans la mémoire de ceux qui l'ont vécue le plus durable souvenir, tant fut empressée, affectueuse, débordante de cordialité, et pittoresque aussi, l'hospitalité qu'ils trouvèrent parmi cette population fidèle et plus particulièrement auprès du patriarche.
Le prélat les reçut solennellement, entouré de ses évêques; puis il fit servir, en l'honneur des officiers français, un déjeuner magnifique, arrosé des généreux «vins d'or» des vignes du Liban.
L'empressement de leurs hôtes ne laissa pas à nos marins un moment de répit. Après une intéressante station aux archives du patriarcat, où sont conservés des autographes de vingt rois de France, ce fut la tournée à travers des écoles, des collèges, des asiles. «Partout, écrit l'un des officiers de l'escadre, c'était la même joie profonde de nous voir; c'étaient le même enthousiasme juvénile, les mêmes acclamations parties du coeur, presque les mêmes discours où la France était exaltée.»
A Adana: le contre-amiral Nicol visitant le collège des
Pères Jésuites. A sa droite, le P. Chanteur, supérieur provincial;
à sa gauche,M. Lorgeou, vice-consul de France. Phot. Mavropoulo.
Une gare du Bagdad: Oulou Kichla, la plus élevée de la
ligne (1.467 m.). A remarquer l'orthographe française de l'inscription.
LE CHEMIN DE FER DE BAGDAD
Les négociations depuis quelque temps engagées entre la France et la Turquie d'abord, puis entre l'Allemagne et la Turquie et à propos desquelles Djavid bey, ministre des Finances du cabinet Saïd-Halim, séjourne à Berlin, en attendant de venir à Paris, ont appelé à nouveau l'attention générale sur la grosse question des concessions de chemins de fer en Asie Mineure, et en particulier sur la plus importante d'entre elles: le «Bagdad». Peut-être n'est-il pas inutile de saisir cette occasion de préciser exactement l'état actuel des travaux.
De Haïdar-Pacha, sur la rive asiatique du Bosphore, en face de Constantinople, le «chemin de fer ottoman d'Anatolie» va jusqu'à Konia, l'ancienne Iconium, à 750 kilomètres dans l'intérieur[1].