Les couveuses artificielles, dont l'usage est de plus en plus fréquent dans les fermes, sont en général de dimensions modestes. Mais il en existe une, qu'un éleveur américain, M. P. Hall, a installée à Pembroke, près New-York, et qui est bien probablement la plus colossale du monde, puisqu'elle a été construite pour contenir et faire éclore quinze mille oeufs à la fois. Ses dimensions sont énormes, 30 mètres de longueur sur 1 m. 20 de largeur et autant de hauteur: elle est divisée et subdivisée par des cloisons en 200 compartiments, dans chacun desquels peuvent trouver place 75 oeufs déposés sur des paniers en métal. L'intérieur de la couveuse est chauffé au moyen d'une canalisation d'eau chaude: des régulateurs à huile assurent la constance absolue de la température en agissant sur des barres métalliques dont la dilatation ou la contraction ouvrent ou ferment les arrivées d'air frais, en même temps qu'elles augmentent ou diminuent le débit des conduites chauffantes. Grâce à ce dispositif ingénieux, on ne constate jamais, disent les revues agricoles américaines, aucun accident dans le fonctionnement de cet énorme incubateur qui est, à lui seul, capable de remplacer mille poules couveuses dont l'activité ne se démentirait jamais.
LA LIMITATION DES DÉBITS DE BOISSON EN ANGLETERRE.
Les statistiques officielles apportent la preuve que la campagne antialcoolique, vigoureusement menée, en Angleterre, par le parti libéral, a déjà porté ses fruits.
Au cours de l'année 1909-1910, les Anglais auraient en effet consommé 412.100 barils de bière de moins que pendant l'exercice précédent; et la diminution de la consommation des liqueurs alcooliques serait encore plus remarquable: elle ne serait pas inférieure à 33 1/2%.
Le gouvernement ne se déclare pas d'ailleurs encore satisfait; et il a l'intention de présenter d'ici peu à la Chambre des communes un projet de loi (Licensing Bill) qui amènerait la suppression d'un nombre considérable de débits de boissons.
L'ÂGE DE LA TERRE
M. Rudki expose dans Scientia les résultats fournis par les différentes méthodes employées pour évaluer l'âge de la terre. En comparant l'épaisseur des couches anciennes à l'épaisseur de la couche annuelle qui se forme aujourd'hui dans les vallées d'alluvions, on trouve un minimum de cent millions d'années. Cette méthode est un peu incertaine, car on ignore si la vitesse de dénudation du sol et d'accumulation dans les bas fonds est la même aujourd'hui qu'autrefois.
Le professeur Joly base ses calculs sur la salure de la mer. Il suppose que tout le sel des océans a été amené de la terre ferme par les pluies. Or, on croit connaître la quantité de sel contenu dans la mer et celle que les rivières y ajoutent chaque année. En supposant que l'eau des océans était douce à l'origine, on peut donc évaluer la date approximative où commencèrent les apports de sel. M. Joly trouve ainsi, pour l'âge de notre planète, 95 millions d'années; Romer, avec le même procédé, arrive à 160 millions.
Par une méthode très compliquée, basée sur la désintégration des matières radioactives, on atteint les chiffres de 710 millions et 1.025 millions d'années.
L'écart formidable que présentent ces divers chiffres montre la difficulté d'un problème dont il semble un peu téméraire de chercher une solution même approximative.