LE ROI CONSTANTIN DE GRÈCE EN FAMILLE

Après onze mois d'état de guerre qui éloignèrent presque constamment le roi Constantin de son foyer, la paix de Bucarest, puis celle d'Athènes, lui ont permis de quitter Salonique et la Macédoine pour reprendre, dans le petit palais athénien qu'il occupait comme diadoque et dans lequel il demeure encore actuellement, la simple vie de famille. C'est dans la petite salle à manger, le breakfast room de la résidence princière de la rue Hérode l'Attique, qui se trouve derrière le palais royal d'Athènes, que cette photographie a été récemment prise. Le roi est avec les siens autour de la table du petit déjeuner du matin.

A sa droite est la reine Sophie, soeur de l'empereur d'Allemagne. Elle tient dans ses bras la petite princesse Catherine, âgée d'à peine huit mois. Cette fillette est l'enfant qui a le plus de parrains au monde. Au moment de sa naissance, un grand souffle de gloire militaire passait sur la Grèce. Le roi eut la jolie idée de confier à toute son armée et à toute sa marine le soin et la faveur du parrainage. Catherine est la filleule de l'armée grecque et, au cours de la seconde guerre, il n'était pas rare d'entendre des soldats parler du roi non pas toujours sous le sobriquet de Costa fallas (Constantin le sabreur), mais sous celui de Koumbans (le papa de la petite).

A la gauche du roi est la princesse Hélène, sa fille aînée, âgée de dix-sept ans. Le second fils du roi, le prince Alexandre, âgé de vingt ans, est assis à côté de sa soeur et a pour voisin de gauche son frère Paul (Pavlos), un garçonnet de douze ans qui porte, à la mode anglaise, très en faveur à la cour d'Athènes, le petit veston et le col d'Eton. A la droite de la reine est le prince Georges, le diadoque, héritier de la couronne. Il a vingt-trois ans et a fait, aux côtés de son père, les deux campagnes. Il fut, de plus, au printemps de cette année, chargé d'une mission en Epire où la population lui fit le plus émouvant accueil. Sa jeune soeur, la princesse Irène, qui fêtera en février prochain son dixième anniversaire, est au bout de la table.

Le petit déjeuner du matin de la famille royale de Grèce.
De gauche à droite: la princesse Irène, le prince-diadoque Georges, la reine Sophie tenant dans ses bras la petite princesse Catherine, le roi, la princesse Hélène, les princes Alexandre et Paul.--Phot. Boehringer.

Les traditions de simplicité et de grand attachement familial que le vieux roi Christian IX de Danemark avait imposées à tous ses descendants sont restées en honneur auprès de son petit-fils et, à Athènes comme à Copenhague, un peu d'anglomanie (la reine, quoique soeur de Guillaume II, est la plus fervente admiratrice de tout ce qui vient d'Angleterre) cherche à masquer certaines influences germaniques. L'empereur d'Allemagne lui-même est d'ailleurs le premier à n'écrire qu'en anglais à son beau-frère.

L'ÉLECTRICITÉ A BORD DES AUTOMOBILES

Le dernier Salon de l'Automobile a révélé à ses visiteurs un fait nouveau: la prise de possession de la voiture par l'électricité.

Entendons-nous bien tout de suite. Il ne s'agit point du tout d'une révolution dans le mode de traction de la voiture, de l'avènement, enfin durable, de la voiture électrique. Non. Le moteur à explosions, avec ses incomparables qualités de puissance, de légèreté, de solidité et d'économie, demeure maître absolu de tout véhicule qui va sans chevaux sur les routes. Il s'agit seulement d'une grande amélioration dans le confort de la voiture: l'automobile a fait mettre l'électricité chez elle.